DDV et Sarko solidaires

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Le malheur de l'un fait le malheur de l'autre... donc serrons-nous les coudes... la politique, quel métier !

M. de Villepin et M. Sarkozy affichent leur solidarité

par Christophe Jakubyszyn et Philippe Ridet

Dominique de Villepin, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy sont désormais comme des alpinistes encordés. Que le premier dévisse et les deux autres risquent la chute ou, au minimum, de graves blessures.

Les trois hommes se sont donc à peu près accordés, dimanche 12 mars, à l'heure du déjeuner, sur la façon dont ils entendent faire face à la contestation contre le contrat première embauche (CPE), avant l'intervention, le soir même, de M. de Villepin sur TF1 : le projet est maintenu avec quelques aménagements mineurs ; l'UMP doit rester soudée derrière le gouvernement.

Ce n'est pas une mince concession de la part du rival du premier ministre, Nicolas Sarkozy : ce dernier ne croit même pas au CPE, bien qu'il soit d'inspiration libérale et a toujours préconisé, depuis la convention de l'UMP sur l'emploi du 7 septembre 2005, le contrat unique.

Ce n'est pas non plus une mince affaire pour Jacques Chirac. Le président, dont l'unique souci est de terminer son mandat sans heurts, avait mis en garde son premier ministre devant le risque de contestation. Et chacun sait, à droite, que M. Chirac a toujours reculé devant les jeunes, en 2003 lors de la réforme des universités ou en 2004, lors de la réforme du baccalauréat. Mais comment lâcher M. de Villepin après neuf mois à Matignon...

Le premier ministre continue d'ailleurs d'assurer à l'Elysée que la "crise" est portée par une poignée de meneurs d'extrême-gauche et, au maximum, d'étudiants mal informés. Les députés qui lui sont proches l'ont d'ailleurs conforté dans cette analyse ce week-end, en affirmant, comme l'élu (UMP) de la Drôme, Hervé Mariton, que dans leur circonscription "les électeurs se posent des questions mais ne demandent qu'à être convaincus sur l'utilité du CPE". Le premier ministre a tout de même annulé sa participation au conseil des ministres franco-allemand à Berlin, mardi, pour être présent à l'Assemblée nationale et répondre à la fois à sa majorité et à une opposition qui désormais ne le lâche plus.

Car ses marges de manoeuvres sont réduites. En faisant de "l'action" sa marque, M. de Villepin peut difficilement reculer sur le CPE, sauf à ruiner ce qui le légitimait jusqu'ici à droite. Et à miner sa propre autorité, alors qu'il a porté lui-même sa réforme, contre l'avis de certains de ses ministres comme Jean-Louis Borloo.

A l'heure où Villepin s'exprimait sur TF1, Nicolas Sarkozy a réuni ses conseillers Place Beauvau : Roselyne Bachelot, Michel Barnier, Gérard Longuet, Patrick Devedjian, François Fillon et Brice Hortefeux, les porte-parole de l'UMP, Luc Chatel et Valérie Pecresse, et son cabinet. Malgré de fortes réserves sur la méthode Villepin, la décision a donc été prise de continuer à le soutenir. Mais M. Sarkozy, soucieux de continuer à se distinguer de son rival, proposera prochainement son projet sur la protection sociale.

M. Sarkozy ne peut faire autrement que de soutenir le premier ministre. Alors qu'il avait expliqué, en juin 2005, qu'il était de retour au gouvernement "pour garantir l'unité de la famille", une prise de distance sur la question du CPE apparaîtrait aujourd'hui comme le signe d'un "lâchage", plutôt malvenu pour quelqu'un qui a mis le plus grand mal à se débarrasser de son image de "traître". Sans jamais y être parvenu totalement.

Doit-il pour autant rester encore longtemps au gouvernement ? La question a été abordée, dimanche soir. Mme Bachelot a plaidé pour que "Nicolas construise dès maintenant une stratégie de départ". Réponse d'un conseiller : "Quitter le gouvernement dans un moment de crise serait désastreux et déplorable." Toutefois, M. Sarkozy reconnaît désormais qu'il ne veut plus se "laisser enfermer dans le calendrier" qu'il avait imaginé jusque-là, fixant son départ à "la fin 2006."

Persuadé d'avoir fait la différence avec M. de Villepin, il croit aussi que son image est suffisamment structurée pour ne pas pâtir d'un désaveu du gouvernement. Lors de son meeting à la Guadeloupe, il a pris ses distances avec tout bilan du gouvernement dont il pourrait être comptable : "On n'est jamais élu sur un bilan, on peut être battu sur un bilan. On n'est élu que si on peut entraîner un pays sur un projet."

Dès lors, une autre angoisse se fait jour, dont se sont fait l'écho plusieurs participants du brain trust à Beauvau : "Et si Chirac proposait Matignon à Nicolas ?" Le président de l'UMP a balayé cette hypothèse. Pourquoi, s'est-il demandé, le chef de l'Etat ferait-il appel à lui, alors que dans des circonstances plus graves pour la droite (les régionales ou le référendum perdus), il l'avait évincé.

Sources : LE MONDE

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Villepin Sarkhozy

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