Cogerma : licenciement proche de 400 employés

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Même dans ma région, le Sud-Ouest, les grosses entreprises sont obligées de passer du personnel à la trappe. Notre député doit-il aussi faire grève de la faim ? Et Dominique de Villepin a-t-il une solution ?

Angoisses, colères et débrayages

par Bernard Broustet

Sogerma à Mérignac : Deux rassemblements, hier, dans l'entreprise où un plan social sans doute très lourd devrait être annoncé au début du mois d'avril

« On s'est fait avoir. On ne nous a pas dit la vérité. Ce n'est pas possible qu'on n'ait pas pu s'apercevoir plus tôt de l'ampleur du gouffre. » Cette salariée de la Sogerma s'exprimait hier matin, sous couvert de l'anonymat, en marge d'une distribution de tracts qui précédait un rassemblement organisé par l'intersyndicale devant le bâtiment de la direction.


Ces paroles, prononcées sur un ton posé, témoignent de la colère et de l'angoisse qui étreignent les salariés de l'entreprise aéronautique girondine. Depuis les déclarations sans ambiguïté de Noël Forgeard, coprésident du groupe EADS, maison mère de la Sogerma (« Sud Ouest » du 9 mars), ils ne peuvent plus ignorer la situation catastrophique de leur société. Après avoir enregistré l'an dernier des pertes proches de 240 millions d'euros, celle-ci va subir une restructuration qui pourrait se traduire par plusieurs centaines de supppressions d'emplois.


Plus de 400 emplois supprimés ? Anne-Marie Perus, qui préside depuis le début de cette année aux destinées de la société de sous-traitance et de maintenance aéronautiques, a indiqué hier au comité central d'entreprise que les modalités de cette restructuration seraient annoncées dans la première quinzaine d'avril.


Tout laisse à penser que ce nouveau plan social sera beaucoup plus lourd que celui qui avait été mis en oeuvre l'an dernier par Michel Freuchet, éphémère prédécesseur d'Anne-Marie Perus. Michel Freuchet, dont il semble de plus qu'il ait été désavoué pour n'avoir pas pris la mesure de l'ampleur de la crise, avait supprimé quelque 190 emplois. Même si la direction ne laisse pour le moment filtrer aucun chiffre, l'hypothèse d'un plan au moins deux fois plus lourd ne paraît pas aujourd'hui à écarter.


Dans l'affaire, Mérignac, qui emploie environ 1 000 des quelque 3 800 salariés de l'entreprise, paraît en première ligne. La quasi-totalité des activités de l'établissement girondin est aujourd'hui déficitaire. La diversification dans l'aménagement d'avions VIP va être arrêtée. Et une bonne part de la maintenance des Airbus devrait émigrer vers des pays à bas coût.


Lors de sa conférence de presse de la semaine dernière, Noël Forgeard a bien évoqué la maintenance militaire pour assurer la pérennité du site. Mais aujourd'hui, « elle ne représente plus que 5 % de l'activité de l'établissement », constate Vincent Loizeau, délégué syndical central CFE/CGC. Et l'arrivée ou le retour de nouveaux marchés significatifs ne se produira sans doute pas, au mieux, avant 2007.


Dans ces conditions, même si EADS n'a pas fait part de son intention d'abandonner Mérignac, des interrogations de plus en plus fortes se font jour sur l'avenir de l'établissement, qui a pourtant bénéficié ces dernières années de gros investissements, au premier rang desquels figure l'aménagement d'un hangar susceptible d'accueillir des A 380. Le député-maire Michel Sainte-Marie, qui a reçu les syndicats avant-hier, affirme redouter « un démantèlement progressif qui conduirait à la disparition d'un fleuron majeur de l'économie bordelaise ».


Des « investissements irraisonnés ». Ces inquiétudes dominaient les deux rassemblements qui ont eu lieu hier, avant et après le CCE, dans l'enceinte de l'établissement, en présence de plusieurs centaines de salariés. A cette occasion, les syndicats ont annoncé leur intention d'organiser des manifestations régionales le 22 mars, et de monter à Paris le lendemain pour rencontrer les dirigeants d'EADS.


Dans les semaines qui viennent, tout en sensibilisant les politiques, ils vont tenter de se battre pour arracher à la maison mère, aujourd'hui surchargée de commandes, les charges qui permettraient de limiter les dégâts à Mérignac. Comme ils le faisaient hier dans un texte commun, ils ne manqueront pas, à cette occasion, de rappeler qu'EADS a laissé faire ces dernières années de multiples erreurs à sa filiale sous forme d'« investissements irraisonnés » et de « positionnement sur des marchés trop risqués ». « Les salariés, disent-ils, ne peuvent être jugés responsables de cette situation. Beaucoup risquent pourtant d'en faire les frais. »

Le député-maire Michel Sainte-Marie redoute « un démantèlement progressif et la disparition d'un fleuron majeur de l'économie bordelaise »

Sources : SUD OUEST

 

L'angoisse monte

par Patrick Broustet

Sogerma : De nombreux salariés ont débrayé à Rochefort et Mérignac, hier, en marge d'un comité central d'entreprise

Les salariés de la Sogerma seront fixés au cours de la deuxième quinzaine d'avril sur l'ampleur et sur les modalités de la restructuration de l'entreprise. C'est ce qu'a annoncé hier la présidente-directrice-générale, Anne-Marie Perus, devant les élus du comité central d'entreprise (CCE). Cette réunion intervenait moins d'une semaine après les propos très inquiétants tenus par Noël Forgeard, co-président du groupe européen EADS, qui contrôle l'entreprise. En présentant les résultats annuels d'EADS à la presse, Noël Forgeard (« Sud Ouest » du 9 mars) avait déclaré que les « résultats de celle-ci étaient catastrophiques ».


Le CCE « ordinaire », qui s'est déroulé hier au siège social de Mérignac, a été précédé et suivi de deux rassemblements organisés par l'ensemble des syndicats (CGT, CFDT, CGC, Force Ouvrière ) en présence de plusieurs centaines de salariés de l'établissement girondin. A Rochefort, où se situe également un important site de la Sogerma, 300 salariés ont débrayé une demi-heure hier matin par solidarité envers leurs collègues bordelais. Il faut dire que ceux-ci semblent a priori particulièrement visés par la lourde restructuration qui s'annonce. La plupart des activités du site girondin, comme la maintenance civile ou l'aménagement de gros avions pour VIP, sont déficitaires. Elles ont contribué aux lourdes pertes du groupe, dont le résultat négatif a atteint l'an dernier quelque 240 millions d'euros.


Recensement des pertes. Anne-Marie Perus a pris ses fonctions de PDG le 1er janvier dernier, en remplacement de Michel Freuchet, nommé à peine un an plus tôt, et dont le plan de restructuration, qui s'était traduit par la suppression de 190 emplois, est loin d'avoir suffi à combler les voies d'eau.


Depuis son arrivée, Anne-Marie Perus se livre à un recensement détaillé des sources de pertes de l'entreprise. Elle a avalisé la cession de la filiale mérignacaise Sogerma Drawings (études, ingénierie) au groupe Crit, tout en s'efforçant de mener à bien la vente de la Seca (le Bourget) et de la Revima (Haute-Normandie). Mais une bonne partie de sa réflexion porte sur le site historique de Mérignac, qui semble aujourd'hui très largement surdimensionné par rapport aux activités que l'entreprise envisage d'y maintenir.


Inquiétant silence. La dirigeante de la Sogerma s'est montrée jusqu'ici très avare de précisions auprès des représentants du personnel, tout en évitant la presse et en réduisant au maximum ses contacts avec les élus. Ce silence, qui devrait être rompu le mois prochain, contribue à aviver les inquiétudes des salariés, du haut en bas de l'échelle. « On ne voit plus les dirigeants », soulignait ainsi hier un membre de l'encadrement, interrogé lors de l'opération de distribution de tracts organisée en début de matinée à l'entrée de l'usine girondine par les syndicats. Ceux-ci, qui ont fait taire au moins passagèrement leurs divisions, vont organiser des manifestations le 22 mars dans la région, avant de « monter » le 23 mars à Paris, au siège d'EADS. Ils tenteront sans doute à cette occasion de convaincre les dirigeants du géant européen de limiter les dégâts sociaux d'un plan d'ajustement qui risque de se traduire par la suppression de plusieurs centaines d'emplois.

Sources : SUD-OUEST

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans LICENCIEMENTS

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