Immense manifestation
"Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur la plaine..." alors que les peuples du monde entier se sont mobilisés hier contre la guerre en Irak, le Peuple de Gaule a défilé pour son avenir incertain. Nous conseillons vivement à Dominique de Villepin de lire "L'Esprit Français"... il verra que de Vercingétorix à José Bové, l'âme des vrais français est restée la même...
A Paris, une foule énorme contre le CPE
par Jacky Durand, François Wenz Dumas et Ludovic Blecher
Selon les syndicats, 350000 personnes ont défilé samedi contre le contrat première embauche (CPE) dans la capitale. Jeunes, moins jeunes et retraités. Des échaufourrées ont éclaté en fin de journée. En France, au total, on dépasse le million de personnes. Reportage et récit de la marche parisienne.
A 15h, ils sont beaucoup, beaucoup de gens regroupés pour le début de la marche anti-CPE, place Denfert-Rochereau. Les banderoles sont sorties, les jeunes et les moins jeunes mobilisés.
A 16h, la CGT vient à peine de démarrer. Aux cris de «Villepin Démission», «Retrait CPE» la foule compacte avance doucement. Les fédérations de la CGT défilent les unes derrière les autres. Puis vient la CFDT. Il y a un monde fou pour cette manifestation qui devait rassembler salariés et étudiants. Les adultes sont venus nombreux. On voit un panneau : «insurrection =résurrection». Une jeune fille voilée défile avec un autocollant FO.
Des très jeunes sont là aussi. Un père, avec son fils sur les épaules. Un homme qui tient sa petite amie par la main porte une pancarte : «le pouvoir du fisc contre celui du cœur, j'ai choisi». La foule est de plus en plus compacte. Ca rappelle la grande manifestation d'avril 2002, après le passage de Jean Marie le Pen au deuxième tour des élections présidentielles.
A 17h, on est encore loin de Nation. Certains sont toujours à Denfert-Rochereau. Un groupe de filles dit "qu'elles refusent la dictature de la précarité imposée par Villepin». Un homme avec un badge CGT assure qu'il «est heureux de voir ce grand élan de solidarité entre salariés et étudiants contre un gouvernement qui n'a rien à foutre de l'emploi». Une famille de quatre, deux parents et deux enfants en bas age, marche doucement. «Nos garçons ne sont pas en âge de comprendre et de s'inquiéter de ce qui se passe, mais on est aussi là pour dire qu'on est inquiet de l'avenir», lâche le père. La foule est toujours aussi compacte, on ne peut presque pas avancer.
A 17h30, devant la prison de la Santé. François Hollande et une kyrielle de socialistes sont là. Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius, Jean Paul Huchon et d'autres encore .
Les étudiants de la Sorbonne sont un vrai pôle d'attraction, avec un slogan accrocheur, chanté sous l'air de « Allez, Allez, Milord» : « Allez allez Villepin, nous prends pas pour des cons, ton CPE, c'est fait pour les patrons». L'ambiance est très kermesse. Chacun est venu avec ses banderolles : «Ils auront bien beau piétiner les fleurs, ils n'arrêteront pas le printemps». Un couple a un autre slogan, façon Nike : «Just don't do it». Noëlle, 53 ans, salariée dans une entreprise américaine : « Nous, on commence à se demander ce que tout ça pourrait donner. Ils embauchent toujours en CDD. Si c'est pour pérenniser ça, c'est pas intéressant». Nathalie, 43 ans, travaille dans une firme d'assurance . «Nous, on a des jeunes opérationnels au bout de trois mois. Et on va les virer avant deux ans ? C'est pas possible».
Les syndicats, omniprésents, annoncent déjà plus de 350000 personnes à Paris. Les envoyés spéciaux de Libération parlent «d'au moins 200000». Les syndicats préviennent aussi qu'ils vont fixer un ultimatum jusqu'à lundi soir au gouvernement : le retrait du CPE ou l'action va encore prendre de l'ampleur.
18 h, au 41 boulevard Saint Marcel. Une très belle statue de Jeanne d'Arc en bronze avec une pancarte : « Galouzeau, tu vas manger ton chapeau».
A 19h, échaufourrées place de la Nation avec des petits groupes de jeunes. Un véhicule est incendié. Deux vitrines sont cassées, les devantures d'AGF et Saint Maclou. Gaz lacrymogènes contre jets de pierres. Un groupe de gendarmes mobiles est coincé dans une petite rue.
19h45, quelques dizaines de jeunes tiennent toujours tête aux forces de l'ordre à la Nation. Ils avancent en rangs serrés par vagues successives. Les policiers chargent puis reculent. Selon un policier, les excités sont au nombre de 150, dont une cinquantaine sont «déterminés».
20 h, les gendarmes qui se trouvaient à proximité se rapprochent de la place de la Nation et encerclent méthodiquement les jeunes qui continuent à utiliser des fumigènes.
20h30, les affrontements se terminent. Dans une conférence de presse, tous les syndicats réunis ont donné rendez-vous au gouvernement lundi à 18heures, en demandant un retrait effectif du CPE.
Sources : LIBERATION
Posté par Adriana Evangelizt