Christian Estrosi en Israël
On comprend mieux en lisant cet article comment est axé la politique de la France, dans quel sens vont les lois qui sont votés et combien notre pays est sous la tutelle israélienne. Certains de nos amis vivant en Israël nous ont dit être outrés par de tels propos... lire aussi ICI...
Christian Estrosi en Israël
par Caroll Azoulay
pour Guyzen Israël news
La garde rapprochée de Sarkozy en campagne
On l’avait compris, la France a, depuis plusieurs mois, entrepris une véritable opération de séduction de l’opinion israélo francophone.
Transformant la résidence de l’ambassadeur Gérard Araud en plateforme politique, les dirigeants français de tous bords se succèdent afin de délivrer la bonne parole à une audience quelque peu surprise de tant d’attention.
Dernier arrivé en date, Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire, et président du Conseil général des Alpes-Maritimes, qui a effectué une visite en Israël du 23 au 27 mai dernier.
Élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 5e circonscription des Alpes-Maritimes, ce fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy, qui est également président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, a été nommé ministre délégué à l’Aménagement du territoire (auprès du Ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire) dans le premier gouvernement de Dominique de Villepin le 2 juin 2005.
Affectueusement surnommé par ses électeurs du Midi, le Motodidacte au niveau scolaire "bac moins 6" du fait d’une jeunesse consacrée aux matières sportives plutôt qu’aux matières académiques, il fait partie des rares non-énarques à être devenu ministre.
Dans la droite ligne de son ministre de tutelle, Nicolas Sarkozy, C.Estrosi a décidé de frapper fort en signant de nombreux accords de principe avec les plus prestigieuses institutions israéliennes, sans omettre de signaler que "ces partenariats devaient être interprétés comme la volonté concrète de soutenir le peuple israélien dans la lutte qu’il mène contre le terrorisme".
Le 25 mai, l’Université de Nice 'Sophia Antipolis' et l’Université Hébraïque de Jérusalem qui partagent "des domaines d’intérêt commun sur le plan scientifique, académique et sur le plan des objectifs professionnels, ont décidé d’encourager et de favoriser les projets de coopération, les programmes d’échanges d’étudiants et de professeurs et les programmes de collaboration dans les domaines de l’éducation et de la recherche médicale.
Cet accord devrait susciter un renforcement des relations humaines et professionnelles et formaliser les liens entre scientifiques et entre étudiants dans un but commun de promotion de l’excellence dans le domaine médical".
Des coopérations économiques entre la technopole de Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes) et les technopoles israéliennes, dont font partie Hertzlyia et Rehovot, ont également été envisagées lors de rencontres avec les chefs d’entreprises du réseau MATIMOP pour développer des échanges sur les pôles de compétitivité, et notamment sur les nouvelles technologies de l’information.
Enfin, des liens ont également été tissés entre le Théâtre national de Nice et l’Opéra de Tel-Aviv.
Aux côtés d’une délégation composée d’une quarantaine de représentants de la communauté juive des Alpes-Maritimes, d’élus, de professionnels des secteurs de l’éducation, de la culture, de la santé et de l’économie on notera la présence du président de IBM France venu rendre visite à son homologue de IBM Israël à Haifa.
Le ministre, qui s’est entretenu avec Shimon Péres, vice Premier ministre et ministre pour le développement de la Galilée et du Néguev, Méïr Shetrit, ministre de la construction et du logement, Dalia Itzik, présidente de la Knesset, et Binyamin Netanyahu, président du Likoud, était venu porter un message clair et sans ambiguïté aux Israéliens : "Les Israéliens vivent avec la menace permanente du terrorisme aveugle et sourd, mais j’ai l’impression qu’ils ont également envie d’être regardés pour autre chose" a déclaré le ministre qui s’était préalablement recueilli sur la tombe de Marcelle Cohen, "une personnalité niçoise bien connue de la communauté juive des Alpes Maritimes qui a hélas péri dans l’attentat de Tel-Aviv alors qu’elle rendait visite à ses petits enfants en Israël".
. "Bien sûr" a-t-il poursuivi, "les Israéliens ont besoin de la solidarité de la France mais nous avons, avec Nicolas Sarkozy, l’impression qu’ils ont besoin d’être reconnus pour leur talent, leur capacité dans le domaine scientifique à figurer parmi les meilleurs au monde. Et on l’oublie trop souvent".
"J’ai donc voulu que ce voyage se traduise par des faits concrets qui reconnaissent tout cela. Je ne voulais pas, après mon départ entendre : "c’est un ministre de plus qui est venu dire, c’est terrible, comptez sur notre solidarité, à bientôt !".
"Non, je suis venu dire : Vous êtes parmi les meilleurs, si ce n’est les meilleurs en terme de matière grise, de valeur ajouté de recherche. La France qui a aussi des ambitions fortes dans ces domaines-là, a envie de vous reconnaître pour ce que vous êtes et d’avancer avec vous. Ensemble, nous pourrons peut-être gagner un temps précieux dans le domaine de la recherche contre le Sida, les maladies infectieuses ou génétiques."
Interrogé sur le niveau de la coopération entre la France et Israël dans le domaine sécuritaire, C.Estrosi a précisé que le niveau de coopération était "très élevé".
"La coopération particulièrement renforcée dans ce domaine entre les services français et israéliens a sans doute, et je n’en dirais pas plus, permis de déjouer bien des drames en France en Europe ou en Israël" a-t-il énigmatiquement souligné.
Encouragé par David Martinon, le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, présent à ses côtés, le ministre a d’ailleurs révélé que Nicolas Sarkozy avait décidé d’affecter à l’ambassade de France à Tel Aviv un attaché de sécurité qui servira de lien permanent aux côtés de l’ambassadeur de France avec les services israéliens.
"Je dois préciser qu’avec Nicolas Sarkozy qui n’est pas seulement ministre de l’Intérieur mais également le président de l’UMP, nous voulons dire que nous sommes totalement solidaires du combat et de la lutte du peuple israélien contre le terrorisme. Nous savons à quelle situation difficile Israël est confronté au lendemain des élections palestiniennes. Il n’est pas question pour nous de faire la moindre ingérence, mais nous sommes solidaires de l’exigence manifestée par Israël concernant le respect des accords de paix, la reconnaissance de l’état d’Israël et l’engagement en faveur de la lutte contre la violence par le peuple palestinien. Cela n’est ni négociable ni discutable."
Interrogé par Guysen Israël News sur son opinion quant à l’aspect unilatéral du plan de repli proposé par Ehoud Olmert, C.Estrosi a dû faire appel au conseil de David Martinon pour finalement affirmer que "ma préférence va vers une solution négociée. Si la France devait appuyer la proposition de Ehoud Olmert elle le ferait pour qu’elle aboutisse dans le cadre d’une négociation claire nette et précise". Et d’ajouter : "Il n’y a qu’une politique étrangère de la France".
Rappelant ses "liens d’amitiés forts avec la communauté juive de France qui me fait régulièrement partager ses sentiments" il a délibérément tenu à évoquer le "combat sincère de la France contre le racisme et l’antisémitisme". Un combat qui s’exprime selon le ministre par des textes tels que la loi de sécurité intérieure votée en 2002, la loi contre le racisme qui réprime sévèrement, "non seulement les actes, mais aussi les propos, antisémites ou racistes", ou encore le texte de loi sur le terrorisme présenté, voila 5 mois, au parlement.
Évoquant le dit texte, C.Estrosi n’a pas hésité à affirmer que "s’il avait été appliqué au moment de l’enlèvement de Ilan Halimi, il aurait permis une issue plus heureuse notamment par les dispositions qu’il contient en matière de conservations des données électroniques pour une durée de 24 mois".
"Je veux d’ailleurs préciser à cet égard que ce que nous avons réussi à faire retenir dans le droit français validé par le Conseil constitutionnel, nous avons réussi à le faire adopter par les 25 pays de l’UE dans le prolongement du texte voté à l’initiative de la France.
Les barbares qui sont à l’origine de l’enlèvement de Ilan, de l’odieux chantage et des semaines de tortures ont en effet utilisé des lieux publics de communication électronique communément appelés cyber café. Avec les décrets d’application que vient de prendre le ministre de l’Intérieur suite au vote de ce texte, ce genre de dispositif permettra désormais à la police de disposer d’un potentiel de chance de résolution de ce type de situation en 24 ou 48 h".
Poursuivant ses déclarations coup-de-poing, C.Estrosi a également évoqué le tout récent texte adopté sur l’immigration et l’intégration. "Il comporte un certain nombre d’exigences. Car nous savons combien certains flux migratoires ont eu des conséquences malheureuses pour notre pays" a dit le ministre.
Interpellé sur la délinquance, ce dernier a enfin abordé la proposition d’un nouveau " texte de loi devant le parlement sur la prévention de la délinquance. Cette loi prévoit de modifier notamment l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs. Car nous le voyons, un grand nombre d’actes à caractère raciste ou antisémite sont commis aujourd’hui par des mineurs âgés de 14 à 17 ans qui échappent à des sanctions appropriées en raison de cette ordonnance. Or il existe une grande différence entre avoir 14 ans en 1945 et avoir 14 ans en 2006. D’où notre volonté de nous adapter à la réalité, car pour nous, tenir un propos antisémite que l’on ait 15 ans ou que l’on ait 30 ans mérite le même traitement".
Décidé à briser les tabous, le ministre a tenu à rappeler, "même si cela est parfois politiquement incorrect de le dire que 85 % des actes de délinquance commis par des moins de 18 ans proviennent de mineurs qui ne savent ni lire ni écrire, et tout cela au frais des contribuables".
Félicitant son gouvernement pour sa lutte " sans merci contre toute atteinte à la communauté juive de France ou à quelque confession que ce soit présente sur le territoire français", le ministre a enfin souligné la baisse de 47 % des actes antisémites en 2005.
Parmi les personnalités et journalistes français et israéliens présents, certains, qui ont tenu à conserver l’anonymat, se sont déclarés quelque peu choqués par le discours du ministre français.
"Il est dangereux de se servir des juifs pour faire passer des lois aussi rigides" nous a-t-on confié en référence à la loi sur la délinquance. "Et il est étonnant que la communauté juive de France cautionne un tel discours. À terme cela pourrait se retourner contre elle " a indiqué la même source qui n’a pas hésité à qualifier ce voyage de "visite de pré-campagne".
Sources : Guysen
Posté par Adriana Evangelizt