Naturalisation de 138 nouveaux Français par Jacques Chirac

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Jacques Chirac naturalise 138 nouveaux Français

par Christine Ollivier


"Quand Zidane a marqué le troisième but, on a crié comme tout le monde", résumait jeudi matin un des 138 nouveaux Français naturalisés par Jacques Chirac lors d'une cérémonie à la préfecture de Tours (Indre-et-Loire).
A quelques jours de la fête nationale, le chef de l'Etat souhaitait montrer, en remettant lui-même plus de 70 décrets de naturalisation, l'importance qu'il accorde à un rite d'entrée dans la communauté nationale systématique depuis le 24 avril dernier.
Contrairement aux Etats-Unis ou au Canada, la France ne possédait pas jusque-là de tradition d'accueil de ses nouveaux citoyens, même si préfectures et mairies avaient déjà la possibilité depuis 1993, si elles le souhaitaient, d'organiser de telles cérémonies.
"Aujourd'hui, la République vous reconnaît comme ses filles et ses fils", a lancé Jacques Chirac à ces nouveaux Français, issus de 25 nationalités différentes (irakien, afghan, algérien, marocains, espagnol, rwandais, cambodgien, iranien...). Il les a enjoints à "donner autant à la France que ce que la France vous apporte".
"Devenir français, ce n'est pas une simple formalité administrative", a-t-il souligné. C'est "bénéficier des droits qui sont ceux de tous nos concitoyens", mais c'est aussi "un engagement". Et le "premier" devoir, "c'est le respect de la loi", a-t-il prévenu.
Cette "nouvelle politique d'intégration que j'ai voulue pour la France" doit s'accompagner "d'une action résolue et humaine contre l'immigration clandestine", a précisé Jacques Chirac.
Le chef de l'Etat n'aura pas un mot de plus sur un sujet dévolu à son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Seul le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, candidat à la mairie de Tours en 2008, représentait le gouvernement jeudi. M. Chirac s'est éclipsé après avoir serré des mains et posé pour des photographies avec ses nouveaux concitoyens pendant une demi-heure.
De toute façon, "je me sentais déjà française", a expliqué Samirah Kadri, d'origine algérienne. "J'ai des enfants qui sont grands et je fais ma vie ici, alors autant que je prenne la nationalité". Un décret qu'elle a obtenu après deux années de procédure, un peu surprise que ce soit Jacques Chirac qui le lui remette: "Si j'avais su, je serais allée chez le coiffeur!".
Dans le dossier qui lui a été remis: une lettre du président de la République, la Constitution, un livret de famille, les droits et devoirs des citoyens français et... les paroles de la Marseillaise.
Ahmed Rebah, un Algérien vivant en France depuis 37 ans, ne voulait plus, lui, "avoir un pied à droite et l'autre à gauche". "Il vaut mieux avoir les deux pieds dans la même terre", résume-t-il. Ses sept frères et soeurs ont aussi sauté le pas, même si changer de nationalité est parfois mal vu dans sa famille: "c'est encore tabou pour les anciens".
Acquérir la nationalité française "c'est très important", s'est réjoui Anita, sénégalaise, son décret en main. "Surtout pour mes enfants...", ajoute-t-elle, sans souhaiter donner son nom de famille. Son mari étant français, elle était la dernière de la famille à ne pas avoir la carte d'identité nationale.
En 2004, 169.000 personnes ont acquis la nationalité française contre 145.000 en 2003. Sur six personnes naturalisées en 2004, trois étaient originaires du Maghreb, un d'Afrique et un d'Asie.
Mais au moment même où la République met les formes pour accueillir ses nouveaux citoyens, elle durcit les conditions de séjour et d'accueil des immigrés avec les lois Sarkozy. Une cinquantaine de manifestants protestaient d'ailleurs près de la préfecture jeudi.
Dans "Libération", trois auteurs de livres pour la jeunesse ont lancé jeudi "un appel" au ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances Azouz Begag, alors que le risque d'une reprise des expulsions d'enfants scolarisés avec les vacances suscite une forte mobilisation.
Les secrétaires généraux de la CGT, de la CFDT et de l'UNSA ont également demandé jeudi à M. Chirac d'intervenir pour faire cesser les poursuites et les procédures d'expulsions à l'encontre des enfants sans-papiers scolarisés et de leurs familles.
Cette mobilisation a poussé début juin le ministre de l'Intérieur à annoncer la régularisation "au cas par cas" d'environ 2.000 personnes. Il a exclu d'étendre cette régularisation à tous les enfants et a nommé l'avocat Arno Klarsfeld médiateur national pour étudier "les cas les plus difficiles".
"Les enfants scolarisés doivent rester dans notre pays. Ils seront les Ribéry et Zidane de demain", a estimé jeudi Azouz Begag... tout en se montrant confiant dans un "règlement humaniste" du dossier par le gouvernement. AP

Sources : Le Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans IMMIGRATION

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