Les Loups : le sarkozysme expliqué aux enfants
A lire absolument et à faire circuler...
Les Loups : le Sarkozysme expliqué aux enfants
Une fable savoureuse, acérée et politiquement incorrecte, écrite par deux auteurs encore anonymes, et offerte par Strategic-Road.com à ses lecteurs (99 pages, fichier pdf 427 ko)
Extrait :
"...En ce temps, très lointain donc, le monde - et un petit territoire qui s'appelait la France - était gouverné par les loups. Les loups régnaient alors en maître sur les autres espèces animales. La plus nombreuse des autres espèces animales était l'espèce des brebis.
Le nom savant de cette espèce était lambda. Cette espèce des brebis lambda regroupait ce que les loups appelaient les animaux moyens. Dans le langage des loups, cela voulait dire que les brebis lambda n'appartenaient pas tout à fait au monde des animaux d'en haut, ni tout à fait au monde des animaux d'en bas...
...Une autre espèce sur laquelle régnaient les loups était l'espèce des fourmis. L'espèce des fourmis dont le nom savant était epsilon, était la plus faible des espèces. Elle regroupait les animaux les plus démunis, les laissés-pourcompte, ceux qui avaient toujours la guigne, ceux à qui il arrivait toujours de grands malheurs, ceux qui finissaient par perdre pied...
...Une autre espèce, moins nombreuse mais beaucoup plus influente, et sur laquelle les loups n'avaient pas toujours le dessus était composée des renards. Les renards regroupaient deux espèces. La première espèce de renards était l'espèce des renards mu. Les renards mu étaient connus pour leurs reportages et leurs interviews sur la vie des animaux : les brebis, les fourmis, les loups bien sûr et... les renards... Les renards mu étaient aussi très connus, et c'était sans doute cela qui leur avait donné leur nom, pour leur proximité pas toujours très claire avec les loups..."
Le loup alpha – première partie
Le loup alpha de la meute des Bleu dont nous vous rapportons ici l’histoire n’était pas devenu un loup alpha par hasard. Il l’était devenu parce qu’il avait su se montrer suffisamment fort pour cela. Il l’était devenu aussi, il faut bien le dire, parce qu’il avait trahi d’autres loups et, aussi, parce qu’il n’avait pas rencontré beaucoup d’adversaires à sa taille. La plupart des loups capables de devenir un jour un loup alpha préférant le confort douillet des avantages accordés au rang des loups bêta.
Le dernier loup dans sa propre meute, qui aurait pu le mettre en difficulté, était, comme cela arrivait souvent chez les loups, l’ancien loup alpha de la meute des Bleu. Cet ancien loup alpha était d’ailleurs encore, au moment de l’histoire que nous vous racontons, le loup alpha et oméga du territoire de la France. Ce loup alpha et oméga était appelé aussi loup gamma depuis qu’un jour il avait eu l’idée, trouvée nous ne savons où, de reprendre les essais nucléaires. Depuis, il avait petit à petit été mis hors du jeu.
Plus exactement, ce vieux loup de mer avait commencé à se mettre hors du jeu tout seul. Par ses maladresses tout d’abord – il est vrai que c’était un grand loup gaffeur. Une de ses plus belles gaffes avait été la dissolution de sa propre meute. Mais, surtout, et là il n’y pouvait vraiment rien, il avait dû apprendre, là encore petit à petit, à obéir à la seule loi qui ait jamais eu force de loi sur la meute, mais aussi sur les renards, les brebis, et toutes les espèces animales de ce monde d’alors, la vieillesse.
Aujourd’hui, ce grand loup – qui avait tant aimé manger (des renards mu, toujours eux, avaient même dit croquer) gloutonnement des pommes – ne comptait plus que pour de la galette et un petit pot de beurre. Chez les loups, on disait qu’il ne comptait pas plus qu’une fourmi, autrement dit il comptait pour epsilon. Ayant perdu presque toutes ses dents, le loup gamma, chez qui ne fonctionnait encore que la mémoire, essayait, dans ses derniers jours de règne, de sauver ce qui pouvait encore l’être. Aussi, gagner par la tristesse, lui arrivait-il de ruminer ces quelques vers De la mort du loup écrit par un renard sigma du cercle des poètes disparus et dont le nom était Vigny : « A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse / Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse / – Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur / Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur ! / Il disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive / A force de rester studieuse et pensive / Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté / Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté. / Gémir, pleurer, prier est également lâche. / Fais énergiquement ta longue et lourde tâche / Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler, / Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler ». »
... Pour être tout à fait juste, notre loup alpha – qui était un des très rares loups à ne pas être haut fonctionnaire d’êta – n’avait pas compris cela parce qu’il avait la fibre animale.
Pour régner sur son territoire, que l’on appelait alors le 92, cela n’était pas nécessaire. (Curieusement, certains loups, les renards mu toujours aussi prompts à flairer les effets de modes, mais aussi des brebis lambda et presque tous les casseurs kappa – à l’exception des renards sigma qui s’y refusaient ; ils faut dire que les renards sigma n’aimaient pas beaucoup ce qui n’avait pas été inventé par eux ; et des fourmis epsilon qui étaient silencieuses – prononçaient neuf deux). Pire, cela aurait même pu être vue comme une faiblesse. Non, la fibre animale, pour la trouver, devait être cherchée dans la lignée la plus pure des loups de la meute des Rouge ou dans la lignée plus biscornue de la meute des Rose. Mais, comme l’appétit venait en mangeant, notre loup alpha, que décidément rien ne pouvait repaître, avait voulu très vite agrandir son territoire.
Ce territoire, qu’il n’avait jamais cessé de convoiter, était bien plus grand que tous les neuf deux du monde. Ce territoire comprenait tout un ensemble de forêts, de bois, de prairies et même de montagnes et s’appelait la France.
Le Loup Alpha - Deuxième partie
Dans le langage des loups, nous dirions que notre loup alpha était un hurleur brillant. Qu’il aboie, qu’il jappe, qu’il gémisse ou qu’il grogne (si tant est que les loups aient jamais pu faire tout cela – les loups, c’était bien connu, ne savaient presque rien faire d’autre que hurler), qu’il hausse le ton, ou qu’il baisse d’un ton, qu’il hurle tout simplement, il avait indiscutablement un grand talent. Il faut dire qu’avant d’entrer en meute – les loups disaient en politique –, le loup alpha s’était frotté et inscrit au barreau, avant de s’en échapper pour vivre les aventures que nous vous contons.
Le loup alpha, lorsqu’il avait décidé de sauter le pas qui devait le faire sortir du barreau pour entrer en politique (nous adopterons désormais, pour ce qui suit, le langage des loups) – où comme il aimait le rappeler, il allait se faire tout seul, aucun animal (même politique) ne lui ayant jamais rien donné –, n’avait jamais caché ses ambitions. Là où d’ordinaire, même les plus carnassiers des loups, pour certains de vrais tueurs pourtant – pour reprendre les termes des renards mu – préféraient, dès qu’il s’agissait de leur carrière, avancer à pas de loup quand ils ne portaient pas un loup pour ne pas être reconnu, le loup alpha, lui, avait toujours revendiqué haut et fort cette ambition : « Loup alpha je ferai, loup alpha je serai », l’avait-on ainsi entendu hurler de longues années durant le soir au coin des bois. Si certains vieux loups s’en étaient agacés, d’autres loups, vous l’aurez deviné, les jeunes loups, les p’tits loups, et même les louveteaux, et pas seulement de sa meute mais aussi des autres meutes et, aussi beaucoup de ceux de l’espèce des brebis lambda et des fourmis epsilon – nous ne parlons pas ici des renards mu ou des renards sigma dont nous connaissons maintenant toute l’intelligence à comprendre plus vite que n’importe quelle brebis venue ce qui se passait –, avaient été séduits. A vrai dire, les seuls encore à lui résister étaient les loups-garous kappa.
En exprimant sa volonté de devenir le loup alpha sur le territoire qu’il convoitait – un territoire qui, comme nous l’avons vu, était composé de bois, de forêts, de prairies et même de montagnes et s’appelait alors la France –, notre loup alpha réalisait ce que les autres loups, les renards mu, les renards sigma, les brebis lambda et les fourmis epsilon, avaient toujours rêvé de faire : avoir faim de gloire, le reconnaître, et sortir du bois pour avancer en terrain découvert et... conquis – ce qui était le péché mignon de notre loup alpha qui avait la fâcheuse tendance de vendre la peau du loup alpha et oméga avant de l’avoir tué. Si la ligne de conduite de notre loup alpha, comme nous le verrons, sera souvent à géométrie variable pour hurler comme hurlaient les fonctionnaires de l’êta, sur ce point au moins, elle n’avait jamais varié. Cela s’était vérifié encore récemment avec ce qui s’était appelé le CPE.
...Au-delà de son ambition qui pouvait être préjudiciable tellement elle était hurlée et encore hurlée, que l’on aimait ou que l’on n’aimait pas le loup alpha, force était de constater que de hurler ce qu’il voulait jusque dans ses tripes, sans état d’âme aucun, d’afficher sa faim de loup et de griller les étapes pour les manger goulûment, avait quelque chose de rafraîchissant. Quoi qu’on ait pu alors en penser, le loup alpha était bien l’un des premiers loups à avoir compris que le temps était venu de faire taire la meute des hypocrites – tous ces loups qui ne pensaient qu’à ça, et pas seulement en se rasant (les loups s’ennuyaient alors beaucoup surtout lorsqu’ils étaient réunis en assemblée), mais qui n’en convenaient jamais. « Quiconque est loup agisse en loup ; / C’est le plus certain de beaucoup », aimait à s’hurler le loup alpha.
Le Loup Alpha - 3ème partie
Pour être juste, conter l’histoire du loup alpha, c’est aussi rendre à ce loup ce qui lui appartenait. Aussi, devons-nous commencer par dresser le tableau de ses qualités. Si, dans ce temps fort éloigné, on n’attendait pas d’un loup qu’il posséda les vertus cardinales que sont la prudence, la tempérance, la force, la justice, sinon cela n’aurait pas été un loup, notre loup alpha possédait au moins une de ces qualités. Cette qualité, c’était la force. Oui, notre loup alpha était un loup courageux, capable dans les difficultés de garder la trace de ce qu’il imaginait être (même si tout est relatif dans la gueule d’un loup) le bien.
Cette volonté de durer dans la durée, et ce n’était pas facile au milieu des loups de survivre et, mieux, de réussir à tirer son épingle du jeu, et bien lui, le loup alpha, dont la principale préoccupation comme tous les loups d’ailleurs, était donc de durer, avait réussi ce tour de force. Sans reprendre l’ensemble de ses faits et mouvements, cela faisait déjà trente ans qu’il était entré en meute – dont on sait maintenant que cela veut dire en politique dans le langage des loups. D’abord, il avait accepté un petit bout du territoire du neuf deux. Remarquez que ce n’était pas n’importe quel petit bout de n’importe quel territoire.
C’était l’un des plus riches. Même les brebis qui y vivaient, faisaient bombance et y vivaient dans l’opulence. Quant aux fourmis, il n’y en avait pas. Bien sûr, il traînait bien ici où là quelques renards sigma de la bande des acteurs, et quelques renards mu pique-gamelle, mais, comme nous l’avons vu, ceux-ci très malins avaient vite compris que ce nouveau loup dans la meute avait beaucoup d’ambition et, qu’un jour, si les petits cochons ne le mangeaient pas (mais comme il n’y avait pas de petits cochons chez les animaux du temps des loups, cela ne risquait pas d’arriver), il finirait peut-être par devenir le loup alpha et oméga. Sitôt dit, sitôt fait : « Autant se mettre tout de suite bien avec lui et le caresser dans le sens du poil », avaient donc pensé la plupart des renards et tout particulièrement les renards mu.
Puis, notre loup alpha avait gravi tous les échelons de la hiérarchie des loups. Il était même entré au gouvernement des loups. Cela faisait maintenant plus de dix ans. La ruse, la rouerie, la trahison, il en avait usé et abusé. De même, mais notre loup alpha ne serait pas le même loup alpha si cela n’avait pas été le cas, il avait usé et abusé du cynisme.
Chacun se souvenait, par exemple, de ses hurlements passés à la postérité le soir où il avait conquis ce petit bout de territoire du neuf deux et qu’on appelait Neuilly : « Je les ai tous niqués ! ».
Si des hurlements avaient pu se faire entendre pour de vrai que notre loup alpha n’avait pas hésité à pousser hors du territoire un ancien loup alors hospitalisé et promis à prendre le territoire de Neuilly et qui (tenez-vous bien car c’était là une bonne indication de la sauvagerie de ce monde d’il y a très longtemps), un an avant, avait été le témoin de son premier mariage. Notre loup alpha qui n’était sans doute pas un stratège exceptionnel avait, en revanche, montré ce jour-là des qualités de tacticien et de flair hors pairs.
Sans revenir sur cet épisode fâcheux de la trahison – la trahison, dans le monde des loups, c’était, comme avait pu le trompeter un renard sigma de la bande des animaux célèbres et dont le nom était Talleyrand, une question de temps –, force était de constater que lors de la prise du territoire de Neuilly, notre loup alpha avait fait montre de courage dans la façon, notamment, dont il avait su résister à certaines pressions amicales pour renoncer à se mettre en travers de loups dont les méthodes étaient connues pour ne pas être toujours très amènes.
...mieux valait que vous ne vous perdiez jamais sur les terrains vagues des loups-garous.
...Et bien lui, le loup alpha, il y allait. Ce n’était pourtant pas de tout repos. Les loups-garous kappa l’insultaient, lui crachaient dessus, lui jetaient des pierres, et le menaçaient avec des morceaux de bois trouvés dans leurs forêts – nous disons leurs pour bien montrer que, décidément, c’était vraiment leur territoire – et que l’on appelait alors des battes. Et non seulement le loup alpha y allait, non seulement il essayait d’engager le dialogue avec les fourmis epsilon mais, mieux que cela, il provoquait les loups-garous.
Lui aussi, il les insultait. « Je vais nettoyer au Karcher » aurait-il dit un jour reprenant là les termes d’une fourmi epsilon qui finissait par craquer devant toute cette violence qui se répétait chaque jour. Il est vrai que, comme toute la population de ce quartier qu’on appelait la Courneuve – un quartier qui portait très mal son nom tellement il aurait fallu faire de travaux pour que les fourmis epsilon puissent y vivre décemment –, comme l’ensemble des loups, des renards, des chiens, et des brebis, comme certainement aussi beaucoup de loups-garous, plus simplement donc comme presque tous les animaux, il avait été profondément marqué par la mort tragique du petit d’une fourmi epsilon. « Les loups-garous vont disparaître, je mettrai les effectifs qu’il faut mais on nettoiera le territoire des 4 000 (ce qui était un ordre d’idée, car cela faisait bien longtemps qu’il y avait bien plus de 4 000 animaux qui s’y entassaient). On va envoyer des équipes spécialisées et, même, s’il le faut, des chiens pi », avait hurlé le loup alpha, rempli de colère et profondément écœuré.
C’est que le loup alpha s’y entendait pour hurler vrai. A chaud, le loup alpha, il faut le reconnaître, avait toujours su trouver les hurlements. Et qu’importe que ses adversaires aient pu lui reprocher sa dérive paraxénophobe, comme avait pu le dire un loup à la lang bien pendue de la meute des Rose (sans doute un mot inventé par un renard sigma de ses compères), et de chasser parfois sur les terres de la meute des Bleu Blanc Rouge. La réponse, le loup alpha l’avait toute prête : « Je ne vise pas les brebis qui votent pour le loup alpha de la meute Bleu Blanc Rouge, je les ai déjà. De toute façon, les renards mu se sont toujours trompés dans leur analyse politique. » Et toc !
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Posté par Adriana Evangelizt