2007: Sarkozy affirme ses positions sur les grands sujets de société
En pré-campagne électorale dès avant l'été, Nicolas Sarkozy, candidat probable de l'UMP, repart à l'attaque à la rentrée en affirmant avec détermination ses positions sur des grands sujets de société, qui vont de sa conception de la famille au droit de grève.
Que ce soit le mariage homosexuel auquel il est opposé, la discrimination positive, qu'il défend âprement contre l'avis de Jacques Chirac, la Vè république, qu'il veut changer pour en extirper le »risque de dérives monarchiques», le modèle social français qu'il veut également »moderniser», ou encore le droit de grève, pour lequel il demande un vote à bulletin secret, M. Sarkozy marque son territoire.
Le président de l'UMP, arrivé vendredi en fin d'après-midi à Marseille où se tient jusqu'à dimanche l'Université d'été de son mouvement, suivi quelques minutes plus tard par le Premier ministre, a recadré ses grandes orientations pour les mois à venir dans une longue interview au Figaro Magazine, daté du 2 septembre.
Le mariage homosexuel, »j'y ai beaucoup réfléchi et j'y suis opposé, tout comme à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels», affirme M. Sarkozy, qui se déclare »en revanche, partisan de l'égalité sur le plan financier» et souhaite »aller plus loin que le simple Pacs».
»Mais le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle: les enfants ont besoin d'un père et d'une mère», soutient-il, alors que Ségolène Royal, sa rivale socialiste potentielle à l'élection présidentielle, s'est engagée à »avancer résolument» sur les questions du mariage homosexuel et de l'homoparentalité, et que Lionel Jospin a dit oui au mariage homosexuel.
Même résolution de l'aspirant-candidat concernant des sujets aussi sensibles que la réforme de l'éducation (liberté pour la carte scolaire, autonomie de l'Université), de la justice (responsabilisation des magistrats), la fiscalité, l'immigration (»pas de régularisation automatique»), le travail et la »reconnaissance du mérite»...
Sur le Liban également, le ministre de l'Intérieur a affiché sa différence, puisqu'il est le seul ministre à avoir dit que le Hezbollah était un »mouvement terroriste». Il a toutefois approuvé les positions de Jacques Chirac pendant la guerre entre Israël et la milice chiite libanaise (12 juillet/14 août), et après, avec l'envoi de casques bleus français supplémentaires dans le sud du pays.
»Le mot +rupture+, non seulement je le maintiens mais je le revendique», résume Nicolas Sarkozy, qui tient pourtant à assurer que ses relations avec Jacques Chirac et Dominique de Villepin sont aujourd'hui »pacifiées»
»Certains soulignent la contradiction qu'il y aurait à être à la fois numéro deux du gouvernement et à revendiquer la rupture. Mais on peut être d'accord avec la politique gouvernementale et vouloir une politique plus audacieuse, on peut être d'accord avec l'homéopathie et vouloir une médecine plus forte», souligne le député sarkozyste Yves Jégo.
»Sarkozy veut rompre. Mais avec quoi ? Le terme de +rupture+ me paraît excessif, alors que les clignotants socio-économiques sont au vert. Je ne comprends pas ce qu'il veut dire», réplique Georges Tron, l'un des rares députés villepinistes.
Sources : Tageblatt
Posté par Adriana Evangelizt