Zapatero remet Sarkozy en place
Zapatero répond aux critiques de Sarkozy sur l'immigration
Le chef du gouvernement espagnol, Jose Luis Rodriguez Zapatero, a déclaré mercredi qu'il n'avait pas de leçons à recevoir du ministre français de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, dans le domaine de l'immigration, compte tenu de "ce qui s'est passé dans les banlieues de Paris".
M. Zapatero, qui s'exprimait devant le Parlement, a répondu avec vivacité aux critiques émises par M. Sarkozy et d'autres responsables européens sur la régularisation par l'Espagne de plus de 600.000 sans-papiers en 2005, jugée responsable d'un "appel d'air" pour d'autres clandestins.
Le gouvernement espagnol n'accepte pas les "leçons" que certains veulent lui donner à ce sujet, a dit M. Zapatero en réponse à une question posée par le leader du Parti Populaire d'opposition (PP, droite), Mariano Rajoy, qui avait cité les critiques de M. Sarkozy.
"Ce que peut dire le ministre français de l'Intérieur ne tient pas quand nous avons vu ce qui s'est passé dans les banlieues de Paris en relation avec la politique d'immigration", a souligné avec véhémence M. Zapatero.
De violentes émeutes avaient secoué en France de la fin octobre au 18 novembre 2005 un certain nombre de banlieues de la région parisienne et d'autres villes françaises.
M. Sarkozy est attendu vendredi à Madrid pour participer à une réunion ministérielle réunissant huit pays du sud de l'Europe au sujet du contrôle de l'immigration clandestine subsaharienne.
"Que les Etats qui se sont livrés à des régularisations massives sans demander l'autorisation ou même l'avis de leurs partenaires ne s'étonnent pas aujourd'hui de se retrouver en première ligne des flots de clandestins massifs", avait-il lancé lors d'une visite à Bruxelles début septembre.
Ces régularisations massives, qui ont également eu lieu en Italie, agissent "comme des appels d'air", avait ajouté le ministre français.
L'Espagne a vu débarquer aux Canaries depuis le début de l'année un total record de 25.000 clandestins africains.
D'autres responsables européens, en particulier allemands, avaient critiqué la semaine dernière la politique espagnole d'immigration, alors que Madrid demande le soutien de l'Europe face à cet afflux sans précédent.
M. Zapatero a estimé mercredi qu'il n'y pas de "critiques de gouvernements à gouvernements" en Europe à ce sujet et qu'il y avait au contraire une "coopération" entre les pays européens.
Le ministre espagnol de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba avait déclaré de son côté mardi que le phénomène d'arrivées massives de clandestins aux Canaries était en train de s'achever, notamment grâce à la coopération internationale.
Sources : Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt