L'allégeance des ministres à Sarkozy
L’allégeance des ministres à Nicolas Sarkozy
par Grégory Marin
UMP . Soutien négocié en échange de circonscription aux élections législatives.
Les ralliements de ministres au président de l’UMP Nicolas Sarkozy ne cessent d’affluer. Dernier en date : Philippe Douste-Blazy. Hier sur RTL, le ministre des Affaires étrangères a simplement salué le président de l’UMP d’un « bonne fête Nicolas », laissant entendre qu’il lui apportera son soutien « très officiellement et très bientôt ». Pas d’erreur : c’est bien à l’homme qui porte la casquette de président du parti de la majorité, et non pas au ministre de l’Intérieur que ses homologues apportent leur soutien. Et pour cause : en 2007, les calendriers de l’élection présidentielle et des élections législatives se chevauchent. Or, 18 ministres sur les 32 du gouvernement lorgnent sur une circonscription. Qu’ils y aient de réelles racines où qu’ils veuillent s’assurer une base de repli après un éventuel échec de leur nouveau poulain dans la course à l’Élysée n’est pas la question. Ils ont besoin du président de leur parti pour continuer à exister, sinon politiquement, du moins électoralement. Plus exactement, les ministres, comme les autres candidats, ont besoin du soutien du président de l’UMP pour leur investiture, quasiment arrêtée à ce jour. Comment expliquer autrement que de fidèles chiraquiens tels que Jean-François Lamour (candidat dans le 13e arrondissement de Paris) et Philippe Douste-Blazy (1re circonscription de la Haute-Garonne) ou Xavier Bertrand (2e circonscription de l’Aisne), qui se définissait il y a peu comme « le dernier juppéiste du gouvernement », se rangent aux côtés de Nicolas Sarkozy ?
Certains des soutiens affichés plus ou moins récemment ne s’inscrivent pas dans cette logique du donnant-donnant. Ainsi Thierry Breton, sarkozyste de fraîche date, nullement déclaré candidat, se passionne-t-il réellement pour le programme ultralibéral développé par Nicolas Sarkozy. Jean-Louis Borloo, pourtant candidat (21e circonscription du Nord), ne soutient toujours pas « son » président. Il tient à rester un électron libre... de changer d’avis en 2007 pour mieux négocier une éventuelle place aux côtés de Nicolas Sarkozy. Quant au dernier carré chiraquien (Christian Jacob, Azouz Begag, François Goulard...), ils ne soutiendront pas le favori des sondages à droite. Jusqu’au 14 janvier, date de désignation officielle du candidat à la présidentielle.
Sources L'Humanité
Posté par Adriana Evangelizt