Sarkozy impose son style, mais ses prédécesseurs l'avaient fait avant lui

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Sarkozy impose son style, mais ses prédécesseurs

 l'avaient fait avant lui

En 15 jours d'exercice de la fonction présidentielle, Nicolas Sarkozy a imposé sa marque personnelle à la Ve République, se plait à souligner son Premier ministre, mais Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand ou Chirac l'avaient fait avant lui.

"L'Elysée a changé de style" et "c'est une rénovation de la vie politique", a observé François Fillon, évoquant lors d'un meeting à Marseille "les huissiers, totalement étonnés de voir courir dans tous les sens un président de la République parfois en short et en baskets".

Depuis 1969, chaque passage de témoin de l'ancien président au nouveau a donné un coup de jeune à la présidence de la République, maintenue pendant onze ans par le général de Gaulle dans un protocole désuet hérité de la monarchie.

Bon vivant, amateur d'art moderne, le contact facile, Georges Pompidou s'est, le premier, appliqué à dépoussiérer la fonction, tout en engageant la France à marche forcée dans l'ère technologique, ce qui lui vaudra le qualificatif de "gérant des révolutions tranquilles".

La maladie qui assombrit les derniers mois de sa présidence et la mort qui frappe à 69 ans ce normalien féru de poésie accentuent le contraste avec son successeur, un fringant polytechnicien de 44 ans résolu à faire entrer la France dans l'ère de la "société libérale avancée".

Pour un coup de jeune, c'est un coup de jeune. Elu en 1974, "VGE" - le sigle est à lui seul une revendication de modernité - renonce à l'habit qu'ont encore porté de Gaulle et Pompidou pour remonter les Champs-Elysées jusqu'à l'Arc de Triomphe (le Canard Enchaîné moque "la République du complet-veston"). Il prend son petit déjeuner avec des éboueurs et se fait inviter à dîner chez des Français moyens.

Si François Mitterrand renoue en 1981 avec une certaine forme de pompe, mettant en scène au Panthéon, une rose à la main, son accession à la fonction suprême, au nom du "changement de société", son entourage bouscule tout. C'est le règne de la transparence. Pendant les premières semaines, on entre à l'Elysée comme dans un moulin, jusqu'à ce que les services de sécurité y mettent bon ordre.

Quand Jacques Chirac lui succède en 1995, c'est un peu le même contraste qu'entre Giscard d'Estaing et Pompidou. Le président sortant est sous chimiothérapie, après deux opérations du cancer de la prostate. Il décèdera l'année suivante.

Chirac est partout. Il se sert du téléphone sans passer par le standard. On le voit dans les couloirs tirer lui-même ses photocopies. On rapporte qu'il "crève" ses collaborateurs à la tâche. Mais le président n'est guère sportif. Le jogging n'aura droit de cité à l'Elysée que 12 ans plus tard.

Reste dans cette nouvelle querelle des anciens et des modernes une ligne de partage: la disparition de la "marque présidentielle".

De Gaulle avait choisi la Croix de Lorraine pour orner le drapeau tricolore qui flotte sur le toit de l'Elysée. Pompidou l'avait remplacée par ses initiales "G.P.", Giscard par le faisceau du licteur, Mitterrand par le chêne et l'olivier. Avec Chirac, comme avec Sarkozy, la République se veut modeste: plus de marque présidentielle.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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