Chirac, Sarkozy, Clearstream, Bush : Villepin se confie
Chirac, Sarkozy, Clearstream, Bush : Villepin se confie
L'ancien Premier ministre, qui publie un livre sur Napoléon, affirme qu'il veut « comprendre » les ressorts de l'affaire Clearstream. Il évoque aussi la « rupture » et met en garde contre toute « soumission » vis-à-vis de l'Amérique.
«DANS l'histoire de France, le héros est tragique. » C'est de Napoléon que parle Dominique de Villepin, qui publie un nouveau livre enflammé consacré à l'empereur, « le Soleil noir de la puissance 1796-1807 » (Perrin). Mais c'est sans doute aussi à son propre destin que songe l'ancien Premier ministre, plongé dans la tourmente de l'affaire Clearstream qui pourrait devenir sa Berezina (lire page 3) .
L'homme qui reçoit en jeans et en bras de chemise les journalistes dans son bureau du centre de conférences Kléber, une annexe terne et quasi déserte du ministère des Affaires étrangères, cultive presque un air de l'empereur déchu et exilé... même si la place de l'Etoile n'est pas le rocher de Sainte-Hélène. L'arrivée de Nicolas Sarkozy, le rival détesté, à la présidence de la République, a balayé le souvenir de l'équipe Chirac-Villepin. Effaçant notamment un « bilan » dont l'ex-Premier ministre, après ses deux ans à Matignon, estime pourtant qu'il a contribué à la victoire de la droite.
Pire, les conditions de sa mise en examen ont été jugées « humiliantes » par ses proches : perquisitions dans son bureau, à son nouvel appartement et jusque dans sa voiture, exigence d'une caution de 200 000 € (contre 80 000 € pour le corbeau présumé Jean-Louis Gergorin) et surtout interdiction de tout contact avec Jacques Chirac.
Pourtant, l'homme qui défiait l'Amérique à la tribune de l'ONU ou se faisait filmer bronzé et en maillot à La Baule n'a guère perdu de sa superbe. Les traits paraissent peut-être plus marqués, la chevelure plus blanche, la silhouette plus mince, comme affûtée. Qu'il évoque Napoléon Ier , le sort de la France - celle de la Révolution comme celle de Sarkozy - ou l'impérieuse nécessité de ne pas se « soumettre » à l'administration Bush, le geste est passionné, le verbe abondant.
Si, en privé, Dominique de Villepin n'hésite pas à parler de « traversée du désert », il ajoute que la dernière « vraie » traversée du désert fut... celle du général de Gaulle avant 1958 ! Comment, alors, ne pas le sentir convaincu, au fond de lui-même, qu'un jour les « circonstances » lui permettront de retrouver un rôle public...
Sources Le Parisien
Posté par Adriana Evangelizt