Du bon usage du rapport Védrine

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Du bon usage du rapport Védrine

par Michel Colomès

« Ce n’est pas anecdotique de confier à Hubert Védrine une mission sur la place de la France dans la mondialisation », avait reconnu Nicolas Sarkozy, en juillet, dans une interview au Journal du Dimanche. Le Président s’attendait donc à un rapport éventuellement dérangeant. Il n’avait pas tort. Non parce que l’ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin propose des idées iconoclastes sur la manière de répondre au défi de la mondialisation. C’est même la partie de son étude de 60 pages, remise le 4 septembre au président de la République, qui est la plus classique pour ne pas dire la plus convenue.

Même s’il n’est pas innocent qu’un homme clairement de gauche et qui le proclame propose de quitter la posture timorée ou méfiante, qui est celle de son camp face à la mondialisation, pour ce qu’il appelle un « dynamisme offensif » face au marché globalisé.
Mais Védrine a dû surtout susciter de l’agacement à gauche, comme à droite,  dans la deuxième partie de son rapport.  Quand il profite du travail ponctuel qui lui est demandé (n’est-ce pas le bon moment, s’interroge-t-il faussement candide, loin de toute polémique électorale ?), pour proposer un vrai réexamen de la politique étrangère de la France.

En mettant en garde notamment contre deux dérives qu’il condamne de la même façon :
-   celle des « européistes » ;
-   comprenez des tenants d’une politique étrangère fédéraliste, qui ne soit plus celle de la France, mais celle de l’Europe ;
-   et celle des partisans (et Sarkozy est suspecté par certains commentateurs d’être de ceux-là) d’un retour de la France sous l’aile américaine. Par exemple via une réintégration complète dans l’OTAN. Avec l’illusion d’y avoir notre mot à dire. « Cela donnerait à la France, note cyniquement Védrine, une influence comparable à celle des autres alliés. C’est-à-dire nulle… »

Même s’il n’approuve pas tout, et il le lui a dit,  ce n’est pas Sarkozy qui se montrera le plus choqué. Le Président éprouve manifestement un certain plaisir à lancer des débats tous azimuts. Et si cela l’arrangeait que la discussion sur la politique étrangère soit ainsi amorcée par un homme qui n’est pas de son bord sur un sujet tellement  sensible que depuis le général de Gaulle tout le monde fait semblant de croire qu’il est l’objet d’un consensus à droite comme à gauche ?

Sources Le Point

Posté par Adriana Evangelizt


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Publié dans Hubert Vedrine

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