Washington attend de la France "un nouvel élan"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

La chute de l'article...  Pour Jeremy Shapiro, cependant, cette politique de Nicolas Sarkozy "contient les germes de sa propre destruction". Plus il se rapproche des Etats-Unis, estime-t-il, moins M. Sarkozy est à même de convaincre les Européens...

 

Washington attend de la France "un nouvel élan"

 

par Corine Lesnes

 

Entre les références à La Fayette et la remise de décoration aux anciens combattants de la seconde guerre mondiale, la première visite officielle de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis depuis son élection, du 6 au 8 novembre, devrait traduire un "nouvel élan" dans les relations franco-américaines. "Il y a beaucoup de choses que l'Europe et l'Amérique devraient être en mesure d'accomplir ensemble en 2008, sous la conduite des Etats-Unis et de la France", expliquait le 31 octobre, à Paris, Nicolas Burns, le numéro trois du département d'Etat.

Six mois après l'élection de M. Sarkozy, les responsables américains ne tarissent pas de commentaires satisfaits sur l'atmosphère transformée des relations transatlantiques. "Les Etats-Unis se félicitent de l'engagement renouvelé de la France à travailler ensemble", a résumé M. Burns. La France, qui était qualifiée de "vieil allié", est maintenant décrite comme "en de nombreux aspects, notre meilleur allié" (toujours par M. Burns).

Les éditorialistes argumentent pour savoir si Nicolas Sarkozy a pris ou non la place de Tony Blair, l'ex-premier ministre britannique, au premier rang des amis. Les responsables français sont obligés de tempérer les ardeurs de ceux qui voient déjà Paris rejoindre la structure militaire intégrée de l'OTAN au sommet de Bucarest, au printemps 2008.

Une grande partie de la visite de M. Sarkozy devrait être consacrée à la mise en scène de cette proximité. Les entretiens avec George Bush sont prévus dans le cadre hautement symbolique de Mount Vernon, la résidence de George Washington, le premier président des Etats-Unis, parfois décrit comme le "père adoptif" du jeune marquis de La Fayette (Washington n'avait pas d'enfant, La Fayette était orphelin). Le site, situé sur les bords du Potomac, à 25 km de Washington, sera fermé aux visiteurs. Il a dû être aménagé pour la rencontre. "C'est un geste important", assure un officiel américain.

Au-delà de la symbolique, l'administration Bush aimerait désormais passer aux engagements concrets, le gouvernement français lui apparaissant comme un moteur susceptible d'entraîner l'Europe. "Nous sommes ravis de voir que la France est disposée à jouer un rôle fort de leadership à l'intérieur de l'Union européenne et du partenariat transatlantique", dit un officiel américain, tenu à l'anonymat. Un autre interlocuteur résume la situation plus crûment : "Jusqu'à présent, il y a eu beaucoup de paroles et pas beaucoup d'actes."

Un avis partagé par le chercheur Jeremy Shapiro, de la Brookings Institution. Selon lui, le style a changé mais la politique suivie n'est pas si différente de celle de Jacques Chirac. "Sarkozy n'a rien donné de plus sur l'Irak, mais la différence est que le gouvernement américain ne s'en formalise pas."

Sur l'Afghanistan, M. Sarkozy avait inquiété les Américains en s'interrogeant pendant la campagne électorale sur le sens de l'engagement français. Il les a rassurés. Moins par l'ampleur des gestes qu'il a annoncés - le déplacement des Mirage dans le sud du pays, l'envoi d'un contingent de 50 formateurs pour l'armée afghane - que par le signal donné aux alliés. "C'est une contribution très constructive", se félicite l'officiel américain. Mais alors que les Français souhaiteraient que s'engage une réflexion stratégique sur la présence occidentale en Afghanistan, leurs interlocuteurs ont surtout l'oeil rivé sur le nombre de troupes que les Européens sont susceptibles d'apporter.

Sur l'environnement, les Américains ont été ravis, indique le responsable, par "la proposition pleine de bienveillance" de la France, qui a proposé de tenir à Paris la prochaine réunion de l'initiative du président Bush sur le climat. Mais rien n'est décidé.

C'est surtout sur l'Iran que Washington attend une accélération. "Nous avons grand espoir que l'Union européenne va adopter des mesures fortes dans les 30 jours", a indiqué Nicolas Burns. Le président français s'étant fait fort de convaincre ses partenaires européens, Washington espère qu'il parviendra à rallier les pays réticents à l'idée de sanctions autonomes, hors du cadre de l'ONU. Pour Jeremy Shapiro, cependant, cette politique de Nicolas Sarkozy "contient les germes de sa propre destruction". Plus il se rapproche des Etats-Unis, estime-t-il, moins M. Sarkozy est à même de convaincre les Européens.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

 

 


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Publié dans SARKOZY NEO CONS

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Jeremy Shapito anticipe légèrement ! A chaque élection, de nombreux observateurs imaginent que les Présidents ne vont pas durer...Et puis,ça dure des dizaines d'années...Et vous, chère Adriana, votre avis ?AmicalementAlain
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