Grèves: 20% de trains mercredi, trafic quasi nul à la RATP
Grèves: 20% de trains mercredi, trafic quasi nul à la RATP
Moins d'un mois après une très forte mobilisation contre la réforme des régimes spéciaux, les agents des secteurs concernés, avec à leur tête les cheminots , entrent à nouveau dès mardi soir dans un conflit qu'ils voudraient plus dur et plus long, sur fond de bataille de communication. Evénement
Mercredi, "ce qui s'annonce c'est une journée de galère pour les usagers, et peut-être d'autres jours encore", a prévenu mardi le ministre du Travail, Xavier Bertrand, très présent dans les médias.
Le Premier ministre, François Fillon, a affirmé mardi devant l'Assemblée nationale que "des millions de Français risquent d'être privés d'une liberté fondamentale, celle de se déplacer et parfois même, celle de travailler".
La SNCF a prévu de "très fortes perturbations" mercredi et jeudi et aucun train de nuit ne devrait circuler entre mardi et mercredi. A Marseille, les contrôleurs ont débuté dès mardi midi le mouvement sur un mot d'ordre local.
A la RATP, les prévisions de trafic sont identiques à celles de la grève du 18 octobre, avec un "trafic quasi nul" sur toutes les lignes de métro, sauf deux.
M. Bertrand a reçu, dans l'après-midi, une poignée d'heures avant le début du conflit de la SNCF prévu à 20 heures pour les prises de service des cheminots, une délégation CGT conduite par son secrétaire général, Bernard Thibault.
Ce dernier devait demander une nouvelle fois une table ronde tripartite entre le gouvernement, les syndicats et les entreprises concernées par une réforme qui prévoit d'allonger à 40 ans la durée de cotisation des 500.000 salariés concernés, au lieu de 37,5 ans actuellement en moyenne.
"Ces réformes, je les mènerai jusqu'au bout. Rien ne me détournera de mon objectif", a assuré mardi le président Nicolas Sarkozy à Strasbourg. Il devait recevoir dans la soirée, avec François Fillon, les dirigeants de la SNCF, de la RATP, d'EDF et de GDF, "pour faire le point de la situation" avant le début du conflit.
Alors que cette grève constitue la troisième mobilisation syndicale d'importance en douze ans contre une réforme des retraites (après 1995 et 2003), la présidente du Medef (patronat) Laurence Parisot a espéré mardi "un accord" rapide, appelant à se méfier d'"un goût presque masochiste pour la confrontation" en France.
Pour Sud Rail, le gouvernement n'a "pas d'autres choix que de céder et de retirer son projet" de réforme, "vu la détermination des grévistes", selon son secrétaire fédéral Christian Mahieux. "Ce que nous demandons, c'est le retour à 37,5 ans pour l'ensemble des salariés de ce pays" a-t-il ajouté.
A l'opposé, les conducteurs de la Fgaac, non grévistes, seront, eux, "à leur poste, s'ils arrivent à franchir les piquets de grève et à supporter la pression des autres collègues", a déclaré le secrétaire général du syndicat, Bruno Duchemin. Le syndicat qui représente 30% des conducteurs de la SNCF, s'est retiré du mouvement dès le 18 octobre, après avoir négocié directement avec l'entreprise.
Le pouvoir mise sur le soutien de l'opinion. Selon 55% des personnes interrogées dans un sondage BVA pour BFM et Les Echos mardi, la grève n'est "pas justifiée". 68% redoutent une paralysie du pays comparable à 1995.
L'Humanité a posé la question autrement. Son étude CSA enregistre néanmoins un recul de 9% du "taux de soutien ou de sympathie" pour les grévistes qui glisse de 54% en octobre à 45%.
Mercredi, les cheminots manifesteront dans toute la France. A Paris, le défilé partira de la gare Montparnasse vers la gare d'Austerlitz.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt