LE HUSSARD APAISE
Avertissement... suite à l'article que nous avons fait paraître juste avant celui-là... Duel Villepin-Sarkozy, nous avons reçu de nombreux courriels nous prévenant des parti-pris de Media Ratings qui sert de référence à de nombreux sites sionistes donc partisans de Sarkozy... Avis donc... et ouf quelque part...
Dominique de Villepin: le hussard apaisé.
par Patrice BIANCONE
La bonne volonté est un ingrédient important en politique. Hier, Dominique de Villepin a montré qu'il en avait à revendre, et le fait que Nicolas Sarkozy voit désormais en lui son principal adversaire montre bien que celui qui n'a jamais affronté le suffrage universel ne manque pas d'habileté et que finalement ce n'est pas l'élection qui fait l'homme politique, mais d'autres qualités telles que la capacité à s'investir dans le travail, la vraie prise en compte des problèmes du pays et la limitation volontaire du recours à la démagogie. Bien entendu, la perfection est rare. Elle est même quasiment introuvable dans ce monde. Et si Dominique de Villepin, comme d'autres, a des ambitions personnelles qui se lisent dans sa démarche, reconnaissons lui cette qualité qui fait qu'il apparaît comme quelqu'un qui respecte l'autre alors que nous pouvions avoir des doutes au moment de son arrivée à Matignon. Avec lui pas question de passer les banlieues au « Kärcher ». Pas question non plus d'accuser les Français d'être allergiques au boulot ou partisans du moindre effort. Le hussard de la République est descendu de cheval et a laissé son sabre au fourreau en arrivant à Matignon. Il y a chez cet homme là, une prise en compte apparente de l'autre qu'il égrène en répétant que son fil d'Ariane c'est l'intérêt général et rien d'autre, même si nous sommes en droit de penser, encore une fois, qu'il se préoccupe également de son sort personnel. A lui désormais de prouver que la nouvelle idée qu'il nous a donné de lui, depuis qu'il est Premier ministre, correspond bien à ce qu'il est réellement. Je parle, bien entendu, du responsable politique remplissant ses fonctions...
Alors hier, c'était un moment clé pour Dominique de Villepin, le terme des 100 jours qu'il s'était donné pour redonner confiance aux Français. Et dans ce domaine on ne pas dire, à en croire les sondages, qu'il a réussi... 70% d'entre eux manquent d'optimisme pour l'avenir. Et 48% considèrent que ce n'est pas lui, Dominique de Villepin, qui pourra redresser la situation du pays dont la croissance reste en panne. Le gouvernement tablait sur un peu moins de 2% pour l'année 2005. L'agence de statistiques européennes Eurostat a rectifié ce chiffre: ce sera, selon elle, 1,3%. Voilà qui devrait alimenter un peu plus le pessimisme des uns et des autres à qui le Premier ministre a proposé d'avancer ensemble pour défendre une croissance sociale. Voilà qui devrait rendre encore plus périlleuse la mission de la majorité.
Nous ne reviendrons pas sur le détail des mesures qui ont été annoncées pour parvenir au but. La réforme de l'impôt ou la revalorisation de la prime pour l'emploi et sa mensualisation pour inciter au travail, pour ne retenir que l'accueil, plus que mitigé, qui a été réservé à toutes ces annonces. La satisfaction à l'UMP qui ne surprend pas. Le soutien du Medef, le syndicat patronal, qui se dit prêt à s'engager pour faire aboutir le plan. La dénonciation d'un volontarisme de façade de la gauche qui était attendue. Le scepticisme de l'UDF qui devient habituel. Et la déception des syndicats qui attendaient plus. En d'autres termes, si le médecin Villepin, penchée sur le malade France, le séduit pas son style, la posologie qu'il tente de lui administrer est loin d'être à son goût...
REVUE DE PRESSE
LA FORMULE MAGIQUE
Ces mêmes Echos «s'interrogent» sur l'«incroyable patchwork de mesures» annoncées hier par le Premier ministre français. «Sur leur lisibilité, sur leur financement surtout». D'après La Tribune, qui titre sur les «trente recettes pour regonfler les Français», «le Premier ministre devait avant tout réussir à faire oublier sa propre échéance des cent jours. D'où l'invention d'une formule qui pourrait bien sonner aux oreilles: la croissance sociale. Formule magique, sur le papier, puisqu'elle réussit le tour de force de séduire à la fois ceux qui sont attachés à l'Etat-providence, et ceux qui prônent les vertus de la croissance comme facteurs de progrès social. Tout le monde, en somme, en a pour son argent». «Villepin soigne sa croissance» clame Libération, précisant: il «a retenu du mythe gaulliste sa part de social. Il abuse de l'adjectif pour qualifier son activisme, façon de soigner sa croissance de présidentiable». L'Humanité ironise en ces termes: «La croissance sociale de Dominique de Villepin, c'est un peu comme «l'extinction du paupérisme» décrété en son temps par Louis-Napoléon Bonaparte, avec le résultat que l'on connaît». La Croix reconnaît dans ce «foisonnant programme beaucoup d'habileté. Si elles se concrétisent, plusieurs des décisions annoncées pourraient amorcer une véritable rénovation d'un édifice terriblement vermoulu». Le Parisien relève que Monsieur de Villepin «chouchoute les classes moyennes», avec «un véritable catalogue pré-électoral». Mais «les réactions syndicales sont très négatives».
«Villepin veut redonner le moral aux Français» - titre encore Ouest-France, jugeant ce plan «habile, mais coûteux». Et, alors qu'«on attendait un plan de relance économique, on découvre un véritable plan de conquête politique». Le locataire de Matignon sait aussi bien enfiler le bleu de chauffe de grand mécanicien qu'endosser la tenue du capitaine qui indique le cap à suivre». «Volontarisme très gaullien», confirme Le Républicain Lorrain. Toutefois, estime L'Est Républicain, «le coup du catalogue n'est jamais très bon pour un Premier ministre. Et pour en saisir le sens, il faut entendre le discours derrière le discours». C'est un peu, d'après Les Dernières Nouvelles d'Alsace, «comme aux loteries de la fête foraine, on ne pourrait pas perdre». Mais les citoyens sont, d'après ce confrère, «soûlés par les programmes et autres dispositifs à répétition jamais achevés ni véritablement probants». L'Alsace emploie le mot «saupoudrage», observant en outre «que la confiance promise n'est pas au rendez-vous». Le baromètre de popularité à paraître demain dans Le Figaro Magazine indique qu'en effet, «Dominique De Villepin perd six points et Jacques Chirac deux». La République des Pyrénées souligne combien «la pente sera dure à remonter, le pessimisme des Français ayant augmenté de 30 points en un an». D'après La Nouvelle République du Centre-Ouest, «Tout cela est substantiel, mais fouillis». La «boulimie de mesures ne peut qu'emberlificoter la lisibilité» de la politique gouvernementale. Sans parler «du retour du serpent de mer de la baisse des impôts à l'horizon 2007». Que Sud-Ouest qualifie de «big bang fiscal». Alors qu'«en cette rentrée, la France oscille entre morosité rampante et franche exaspération», (comme l'écrit La Charente Libre), la Voix du Nord maintient qu'en matière de «croissance sociale», on a encore rien trouvé de mieux que la croissance économique !». Pour La Marseillaise, «Derrière le marketing politique, apparaît la trame droitière et libérale» de ce projet. Et «l'incroyable vacuité des propositions sur le logement au regard des drames de ces derniers jours». «Le logement reste en chantier», converge Libération. Le Monde soulève finalement la question qui vaut son pesant d'Euros et de bulletins de vote: «Les contribuables seront-ils des électeurs reconnaissants ?». Pour ce quotidien, dans la perspective «de la grande bataille électorale qui se prépare, Dominique De Villepin fait d'une pierre trois coups: il gêne Nicolas Sarkozy en reprenant une partie de ses propositions fiscales, tout en les assortissant de mesures plus sociales qui rejettent le président de l'UMP sur sa droite. Il donne un peu de contenu à un bilan présidentiel jusqu'ici bien mince sur le plan intérieur. Et il tente de satisfaire ces Français moroses qui, en 2007, décideront de tout».
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Posté par Adriana Evangelizt