LES MESURES DE VILLEPIN
Villepin vend l'égalité pour tous en 2006 et décide de suspendre les allocs aux «familles défaillantes»
Discriminations, remise à plat du système de ZEP, apprentissage, prime de Noël... C'était la sixième conférence de presse du Premier ministre.
Le lundi, Dominique de Villepin serre la visse sur l'immigration, le jeudi, il promeut l'égalité pour tous. Le Premier ministre a présenté dans la matinée une série de mesures en matière d'emploi et d'éducation, visant à «faire de l'égalité des chances une réalité pour tous». L'année 2006 «sera l'année de l'égalité des chances», décrétée grande cause nationale, a affirmé Dominique de Villepin, évoquant, lors de sa sixième conférence de presse mensuelle depuis sa nomination à Matignon, «l'épreuve grave» que vient de traverser la France avec l'embrasement des banlieues. Il a d'ailleurs annoncé que les vérifications à l'improviste, ou testing, qui permettent de contrôler que «les entreprises, boîtes de nuit, agences immobilières n'ont pas de pratiques discriminatoires», vont être légalisées. La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) pourra d'ailleurs prononcer des amendes allant jusqu'à 25.000 euros.
Le Premier ministre, qui arborait à son veston le ruban rouge de solidarité avec la lutte contre le sida, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la maladie, était entouré de plusieurs ministres de son «pôle social» — Jean-Louis Borloo (Emploi), Gilles de Robien (Education nationale), Azouz Begag (Egalité des chances), Catherine Vautrin (Cohésion sociale), Gérard Larcher (Emploi, insertion professionnelle des jeunes). Il s'est appuyé sur les chiffres du chômage en baisse depuis sept mois et sur le retour progressif de la croissance, pour estimer que la France bénéficiait aujourd'hui d'«une vraie opportunité». Villepin a donc annoncé comme prévu la création d'une Agence de la cohésion sociale et de l'égalité des chances, «instrument de pilotage unique» qui regroupera l'ensemble des financements des politiques de la ville et de l'intégration.
Consacrant une large partie de son intervention à l'éducation-formation, le Premier ministre a déclaré que l'apprentissage à 14 ans sera mis en oeuvre «dès la rentrée 2006», mais que les jeunes «pourront retrouver à tout moment le collège s'ils le désirent». Selon lui, il ne s'agit pas de «remettre en cause l'obligation de scolarité jusqu'à 16 ans, qui est un droit», mais de «donner la possibilité à des jeunes qui ne s'épanouissent pas à l'école de s'engager dans des parcours différents».
Pour lutter contre l'absentéisme scolaire, Villepin a proposé que les parents aient à signer un «contrat de responsabilité», sous peine «d'amende» ou de «suspension du versement des allocations familiales». Il a annoncé une «concentration des moyens» sur les établissements scolaires situés en Zones d'éducation prioritaire (ZEP) les plus difficiles et une «remise à plat de la carte des ZEP».
Le Premier ministre rencontrera le 13 décembre les grandes entreprises «les plus impliquées dans la promotion des jeunes dans les quartiers en difficulté». Elles pourront déduire de l'impôt sur les sociétés 50% des sommes investies dans le capital des PME installées dans les zones franches urbaines.
La prime de Noël, versée aux Rmistes et aux titulaires de l'Allocation spécifique de solidarité, «marque de notre solidarité vis-à-vis des plus démunis» sera reconduite, a encore annoncé Villepin. Le chef du gouvernement a renvoyé aux "ministres concernés" le détail du financement qui, a-t-il dit, sera précisé «dans la journée». En 2004, la prime allait d'un montant de 152,45 euros pour une personne seule à 457,35 euros pour une personne isolée avec cinq enfants, en passant par 320,14 euros pour un couple avec deux enfants.
Sources : LIBERATION
Posté par Adriana Evangelizt