LE PEN : LE DERNIER COMBAT
Le Pen : le dernier combat
par Patice Biancone
L'année qui s'ouvre sera nécessairement celle de la clarification. Trop d'incertitudes en 2005. Trop de confusion. Trop de baston aussi, pour parler un langage à la mode, celui des gens du peuple, parce que, comme l'a dit Jacques Chirac, hier à l'occasion des voeux du gouvernement, trop d'ambitions se sont exprimées pour le remplacer. « Les échéances viendront à leur heure », a prévenu le chef de l'Etat, indiquant ainsi qu'il entendait peser, tant et plus, sur la lutte finale et qu'en aucun cas il ne resterait un président spectateur comme certains le souhaitent aujourd'hui.
Rappel à l'ordre justifié, mais qui a peu de chances d'être entendu dans le camp de la majorité déjà engagé dans une lutte qui fait le régal des gazettes. L'affrontement Sarko-Villepin a égayé nos jours de l'année 2005. La suite promet également de nous tenir en haleine... Le Premier ministre plaît. Il a su s'imposer : il bénéficierait de la faiblesse de Jacques Chirac, nous disent les sondages. Et le ministre de l'Intérieur, bien que toujours favori dans l'opinion, commence à s'inquiéter de voir que le chef du gouvernement tient la route en néo-gaulliste, défenseur d'un certain volontarisme social. D'où la multiplication des tacles. D'où la rudesse des coups échangés par les deux hommes.
On le sait : l'un ratisse au centre et à gauche, c'est Dominique de Villepin. Et l'autre tente de faire son miel en séduisant les électeurs de l'extrême droite, c'est Nicolas Sarkozy, au point que l'on peut se demander s'il ne met pas en pratique cette idée d'Edmund Stoiber de la CSU bavaroise, appliquée avec succès par le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, idée qui veut que rien ne subsiste à leur droite pour emporter une élection décisive... A écouter Jean-Marie Le Pen, défenseur du modèle original contre toutes les copies, c'est cela la réalité. Ses électeurs seraient convoités par Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers, lesquels ne cachent guère leur intention de priver le chef du Front national des signatures nécessaires pour se présenter en 2007. Il faut dire que c'est le dernier tour de piste du vieux chef qui en a déjà fait quatre et que la politique a horreur du vide au point que ceux qui la font ont la fâcheuse habitude de vouloir accélérer le cours des choses quand elles se rapprochent de leur fin.
Le Pen rêve d'un nouveau 2002 qui l'a vu présent au second tour face à Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers espèrent l'écarter. Et, d'une certaine façon, la gauche et Dominique de Villepin ont objectivement besoin de lui, au premier tour, pour éviter de voir Nicolas Sarkozy faire une course en solitaire, au point d'ailleurs que certains responsables du Front national voient en eux des raisons d'espérer. Un peu comme si tout était discutable… et à discuter.
Sources : RFI
Posté par Adriana Evangelizt