Les déficits publics
Solder les déficits publics
par Patrice Biancone
A les regarder agir, on a l'impression que les ministres s'ennuient. Qu'ils cherchent toutes les occasions de se diviser, et donc de s'affaiblir en suivant l'exemple du numéro 1 et du numéro 2 du gouvernement, alors que rien de particulier ne les y invitent, pas même une participation à la course présidentielle prévu en 2007.
Il y a quelques semaines, après les émeutes dans les banlieues, c'était le langage à tenir face aux jeunes Français qui posait problème. Il y a eu également la question de la loi de 1905, l'immigration, la responsabilité pénale des mineurs, tous sujets qui ont provoqué des polémiques entre l'Elysée, Matignon et le ministère de l'Intérieur.
Hier, c'est la réglementation des soldes qui a divisé le gouvernement. Thierry Breton, le ministre de l'Economie se prononçant pour la multiplication des « phases », des périodes de soldes, alors que Renaud Dutreil, ministre du Commerce et des PME - les petites et moyennes entreprises - jugeait, pour sa part, que « l'état actuel de la législation, avec deux périodes de six semaines, est satisfaisant et équilibré ».
Qui a raison, qui à tort ? A regarder le porte-monnaie du consommateur, sans doute Thierry Breton. Les Français se réservent pour les soldes : ils ne consomment pas toute l'année. Une telle éventualité, celle d'une multiplication des périodes, permettrait donc d'étaler, voire d'augmenter leurs dépenses. Mais, il suffit ensuite de jeter un coup d'oeil sur le tiroir caisse des commerçants pour comprendre que vraisemblablement Renaud Dutreil a, lui aussi, de bonnes raisons de défendre la position qu'il défend, ne serait-ce que pour éviter les ventes à perte tout au long de l'année... Car solder, c'est avant tout sacrifier les invendus si l'on parle de marchandises. Alors qu'en termes comptables, solder, c'est faire la différence entre le gain et les pertes. Le crédit et le débit.
Finalement c'est un peu la même chose que pour les déficits publics dont a parlé Dominique de Villepin devant les représentants des collectivités locales, ceux des organismes de Sécurité sociale et les partenaires sociaux... Pour bien vivre, il faut que les comptes soient en équilibre. Et pour trouver l'équilibre, il faut faire preuve de volontarisme et définir des priorités. Le Premier ministre s'y est employé, non pas à propos des soldes, mais en évoquant la mobilisation nécessaire pour en finir avec la dette nationale et atteindre l'équilibre des comptes d'ici 2010. L'objectif est plus qu'ambitieux. Disons même que devant la perspective d'une croissance faible, celle d'une insuffisante augmentation des recettes, il ne pourra être atteint qu'en comprimant les dépenses de l'Etat, ce qui ne se fera pas sans douleur. Plus de baisse d'impôt après 2007, soit l'abandon d'une promesse de Jacques Chirac. Un pacte avec les collectivités locales qui guerroient au principe que leurs charges ont fortement augmenté avec la décentralisation. Et une augmentation très maîtrisée du salaire des fonctionnaires, ce sont les choix de Dominique de Villepin pour ramener le déficit public à zéro en cinq ans.
Comme disait un ministre de Louis XVI, il faut comprendre les Etats et non médire des peuples qui ont, la plupart du temps, l'impression que tout va de plus en plus mal. Car si tel était le cas, alors notre monde aurait cesser d'exister ou menacerait de le faire.
Sources : RFI
Posté par Adriana Evangelizt