Villepin se moque du monde

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Adieu veaux... vaches... cochons... c'est ce que pourra déclamer tristement Dominique de Villepin dans quelques semaines... car là tout d'un coup, on sent le vent tourner mais pas forcément dans son sens à lui... on peut même dire qu'il est à contre-courant. Il fait le jeu de Sarkozy, il fait le jeu de la gauche, il ridiculise Jacques Chirac et il va bientôt se retrouver tout seul ou presque. Tout ça parce qu'il ne veut pas lâcher le morceau. Trop orgueilleux pour reculer d'un pas. Trop fier pour dire "j'ai fait une erreur"... et trop aveuglé par son égo et égocentrisme pour croire qu'il va mâter l'esprit français... désespérant !

 

Villepin se moque du monde

par Antoine Guiral

Malgré un million de manifestants et le rejet massif de sa loi, le Premier ministre joue le pourrissement.

Toujours l'épreuve de force. Immobile, Dominique de Villepin exclut tout retrait, ou suspension, du contrat première embauche (CPE) après les manifestations de samedi qui ont fait le plein partout en France. Le Premier ministre apprécie pourtant les jeunes: la preuve, c'est dans le mensuel... Citato, destiné aux 15-25 ans, qu'il répète aujourd'hui qu'il entend «donner sa chance» au CPE. Quant à son fidèle Jean-Louis Debré, il a rajouté de l'huile sur le feu déjà bouillant de la crise en jugeant que «donner l'ordre à l'Etat par un ultimatum de ne pas appliquer ou de retirer une loi votée par le Parlement, c'était porter atteinte à la République et à la démocratie» ! A défaut d'être entendus, voilà les syndicats prévenus. Ils se réunissent aujourd'hui à 17 heures au siège de la CFTC pour décider des suites de leur «ultimatum»: une grande journée de grève interprofessionnelle qui aurait des répercussions dans les transports et l'ensemble des services publics. De leur côté, lycéens et étudiants appellent à une nouvelle mobilisation jeudi. Toutes les organisations syndicales en ont appelé «solennellement» à Jacques Chirac, qui porte «l'entière responsabilité des tensions sociales». Face à cette détermination, le Premier ministre fait envoyer de modestes signaux par ses ministres, qui, tel Jean-François Copé, proposent «des aménagements pour renforcer des garanties pour les jeunes». Un conseiller évoque des propositions autour de la sécurisation des parcours professionnels ou la réduction des deux ans de consolidation du CPE. Villepin devrait en dire plus aujourd'hui en recevant des chefs d'entreprise puis des jeunes, dont certains, souligne Matignon, sont «hostiles au CPE»... Mais, pour le Premier ministre, ces avancées marginales ne se conçoivent que dans le strict «cadre de la loi». «Il ne saurait être question de ne pas appliquer le CPE», assure aujourd'hui dans les Echos le président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Accoyer. Un proche de Nicolas Sarkozy, le député UMP Dominique Paillé, a appelé hier Jacques Chirac à ne pas signer dans l'immédiat le décret d'application du CPE pour renouer le dialogue avec les syndicats.

Tout le week-end, Villepin a eu des réunions avec ses ministres en charge de l'Emploi, Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, et de l'Education, Gilles de Robien et François Goulard. Le chef du gouvernement a également eu Jacques Chirac à plusieurs reprises au téléphone. Il a reçu longuement hier Nicolas Sarkozy pour s'assurer qu'il n'était pas sur le point de lui glisser une peau de banane. Il a enfin accueilli des économistes et des personnalités de la «société civile», sans que leur identité soit rendue publique.

Mais il n'a eu aucun contact avec les dirigeants syndicaux. Villepin continue de jouer le pourrissement. Pour lui comme pour Chirac, les manifestations ont constitué le pic du mouvement. Matignon souligne même que la mobilisation de samedi, «très politique», n'a «pas dépassé celle du 4 octobre : qu'est-ce que ça représente par rapport à l'ensemble de la population française ?» Expert en bras de fer et en reculades forcées, Alain Juppé confie sur son blog qu'il ressent «à la fois une grande inquiétude et beaucoup d'humilité». Jacques Chirac s'est montré moins disert: il n'a brisé le silence hier que... pour féliciter l'explorateur Nicolas Vanier pour son odyssée en traîneau en Russie.

Sources : LIBERATION

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Le Ministre

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