Immigration : ce que la loi Sarkozy ne règlera pas

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Immigraton : ce que la loi Sarkozy ne règlera pas

par Guillaume Bénec’h

 


Après les textes Pasqua, Chevènement et Sarkozy 1, la loi Sarkozy 2, sous un emballage nouveau (« l’immigration choisie »), cherche elle aussi à atteindre la « maîtrise de l’immigration », objectif constamment affiché par les gouvernements successifs mais jusqu’ici jamais obtenu. Et pour cause. Du fait à la fois d’un code de la nationalité fondé sur le droit du sol et de l’échec des politiques d’intégration, les courants migratoires qui atteignent la France ont échappé à tout contrôle national et n’obéissent plus qu’à des logiques individuelles s’inscrivant dans un cadre mondialisé.

Explications :


1. 1994-2004 : doublement à triplement des entrées régulières

Selon les chiffres officiels des préfectures (qui donnent une représentation minorée de la réalité, selon Patrick Stéfanini, secrétaire général du comité interministériel de contrôle de l’immigration), les entrées régulières des personnes étrangères en métropole sont passées de 119 563 en 1994 à 220 000 (estimation provisoire) en 2004, soit un quasi doublement. Cette progression est continue et indépendante des alternances politiques puisqu’elle se poursuit sans rupture de 1993 à 1997, de 1997 à 2002, de 2002 à 2004. Cette croissance est encore plus forte s’agissant des entrées régulières en provenance d’Afrique et de Turquie qui passent, elles, de 39 208 en 1994 à 112 000 (estimation provisoire) en 2004, soit un quasi triplement.


2. L’entrée « des membres des familles de Français », premier flux d’immigration

Dans ces chiffres, le regroupement familial (étrangers rejoignant une famille étrangère) s’élève à 26 768 (d’après un rapport de la Direction des populations et des migrations) en 2003, chiffre à comparer à celui de 21 762 en 1999, ce qui traduit une relative stabilité. En revanche, l’entrée de membres de familles de Français (étrangers rejoignant des membres de leur famille disposant juridiquement de la nationalité française) s’élève à 61 489 en 2003, au lieu de 27 396 en 1999, ce qui est plus qu’un doublement en quatre ans. Ces nouveaux migrants sont à plus de 80 % originaires d’Afrique (principalement Maghreb). A 80 % aussi, il s’agit de « conjoints de Français ».
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000610/0000.pdf


3. Les mariages transméditerranéens : marqueurs sociodémographiques de l’échec de l’intégration

Les chiffres ainsi évoqués correspondent à une réalité sociologique en pleine expansion : les « mariages mixtes », au sens de la nationalité mais non au sens ethnique, religieux ou culturel. En clair, de plus en plus de jeunes Beurs, au lieu de s’épouser entre eux ou d’épouser d’autres ressortissants français, épousent un conjoint venu du pays d’origine de leur famille : Beurs faisant venir des jeunes femmes du Maghreb ; Beurettes que leur famille marie avec des hommes plus ou moins jeunes (ayant parfois déjà des enfants) qui viennent eux aussi du Maghreb. Ce phénomène est d’importance car il montre que les liens culturels et économiques (car ces unions ont des conséquences sociales et font parfois l’objet de transactions financières) avec les pays d’origine sont plus forts que l’enracinement géographique et juridique dans le pays d’accueil. C’est un signe supplémentaire de l’échec des politiques d’intégration.


4. Les mariages transméditerranéens : de fortes conséquences démographiques

Cette « entrée de membres de familles de Français » accompagnant les mariages transméditerranéens a des conséquences démographiques importantes :

– c’est d’abord l’entrée d’une population en âge de fécondité maximale : la grande majorité des étrangères entrant d’Afrique (ou de Turquie) ont entre 18 et 30 ans ;

– c’est ensuite la constitution de couples à fort taux de fécondité, de l’ordre de 3 enfants par femme ; taux à la fois supérieur à celui de la population française d’origine mais aussi à celui des populations restées dans les pays d’origine ; le conjoint arrivant en France bénéficie, s’il se compare à ses compatriotes restés au pays, d’un avantage relatif en terme de prestations sociales et de niveau de vie débouchant sur un comportement plus fécond : ce qui explique qu’aujourd’hui le taux de fécondité de la Seine-Saint-Denis soit supérieur à celui de l’Iran des ayatollahs.

C’est aussi cette dynamique – d’entrée de populations à l’âge de fécondité maximale et à taux de fécondité élevé – qui explique qu’aujourd’hui en France 16 % des naissances soient issues de populations originaires du Maghreb, d’Afrique Noire ou de Turquie, c'est-à-dire de populations musulmanes.
http://www.polemia.com/contenu.php?iddoc=1188&cat_id=36

Ce phénomène démographique est préoccupant dans la mesure où il s’explique par l’échec de l’intégration passée ; et qu’on voit mal comment les conséquences produites par l’échec de l’intégration passée pourraient bien augurer de la réussite de l’intégration future !

Tout porte donc à redouter une amplification des problèmes constatés dans les banlieues (chômage, violence, délinquance) dans les années et les décennies à venir. Et ce d’autant plus qu’aucun changement ne pourra venir ni d’opérations de leurres médiatiques, ni même d’actions législatives à la marge. L’indispensable maîtrise des flux migratoires suppose un changement des paradigmes idéologiques dominants et une redéfinition sans tabou de la réponse à cette question simple mais essentielle : « Qu’est-ce qu’un Français ? »

Sources : Polémia

Posté par Adriana Evangelizt

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