Le poids de mots, le choc des élus
Un article qui résume tout à fait ce que nous pensons. Car il est clair que François Hollande possède certainement plus de courage que de Villepin. Il l'a prouvé maintes fois en disant ce qu'il pensait sur divers sujets à friction venant de la droite engoncé dans ses principes rigoureux et sa morale abêtissante. Quant à ceux qui, sur ce blog, se permettent des phrases désagréables sur le physique de Hollande, le cas de Villepin en est le bon exemple, la beauté ne se mange pas en salade. Il faut trouver d'autres arguments plutôt que de lâcher insultes et propos insultants sur un physique...
Le poids des mots, le choc des élus...
par Patrice Biancone
Il est comme ça, Dominique de Villepin : il assène qu'à certains moments on ne peut pas dire n'importe quoi en démocratie. Et quelques minutes plus tard, piétinant le conseil qu'il vient de donner aux élus, il insulte le chef du Parti socialiste qui venait d'évoquer la confiance perdue des Français à son endroit tout en lui demandant s'il maintenait sa confiance à Noël Forgeard le coprésident d’EADS. Une attitude à mettre sur le compte d'une perte de sang froid due à la fatigue et aux attaques incessantes dont il serait la victime, selon ses proches. Ou, la preuve, pour ses plus sévères détracteurs de gauche, mais surtout de droite, que décidément on a beau chasser le naturel, il revient au triple galop.
Dominique de Villepin aurait tout simplement succombé à son orgueil, à son mépris de la représentation nationale, comme il aurait, la veille, cédé à son mépris de la presse en attaquant trois journalistes auteurs de livres sur l'affaire Clearstream. L'incident a eu lieu pendant les questions d'actualité. Un exercice classique de démocratie qui a lieu chaque mardi et chaque mercredi en début de séance et au cours duquel les élus posent des questions aux membres du gouvernement, lesquels membres du gouvernement apportent des réponses aux députés qui posent les questions, tout cela sous l'oeil des caméras de télévision et des journalistes, ce qui explique le ton un peu vif et même un peu brutal sur des échanges.
Mais, hier mardi, c'était différent. Plus que de la vivacité ou de la brutalité, on était quasiment dans l'insulte nominative. A trois reprises en effet, le Premier ministre a utilisé le mot «lâcheté» pour qualifier la démarche de François Hollande. Un terme prononcé avec violence cette fois. Terme qui a provoqué la rébellion de l'opposition et la consternation de la majorité qui se demande à voix de plus en plus haute à quel moment ce hara kiri prolongé va cesser. A quel moment, Dominique de Villepin va comprendre qu'il est devenu un boulet pour elle. Et surtout, une majorité qui se demande s'il ne le fait pas exprès pour que le grand naufrage collectif soit, ce qu'elle ne veut plus supporter, d'où l'appel à Jacques Chirac pour qu'il mette une fin à cette pathétique fin dont se gaussent nos voisins et amis de l'étranger.