Arno Klarsfeld va plaider pour Jeff
Expulsion : Klarsfeld va plaider pour Jeff

Le médiateur dans le dossier des enfants sans papiers souhaite que le jeune nigérian puisse rester en France.
Arno Klarsfeld va "voir ce qu'il peut faire" pour Jeff Batatunde, jeune nigérian dont le tribunal administratif de Paris a confirmé lundi 7 août la mesure d'éloignement. Il "devrait être autorisé à demeurer en France", a estimé pour sa part le médiateur national dans le dossier des familles sans papiers comprenant des enfants scolarisés.
Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi après-midi la demande d'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière de Jeff Batatunde, 19 ans, scolarisé à Paris depuis septembre 2004. Le jeune Nigérian a été interpellé le 1er août et conduit deux jours plus tard au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne).
"Je vais voir auprès de la préfecture du Val-de-Marne ce que je peux faire", a déclaré lundi après-midi Arno Klarsfeld.
Arno Klarsfeld a cependant souligné que le cas de Jeff, 19 ans et "donc majeur", était "hors du champ de la circulaire" Sarkozy qui fixe les conditions de séjour en France des mineurs scolarisés et de leurs familles.
Jeff, soutenu par le Réseau éducation sans frontière (RESF), a présenté début mars une demande de régularisation auprès de la préfecture de L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne).
Arno Klarsfeld estime que "si Jeff n'a réellement plus aucune famille au Nigeria, ayant construit un présent harmonieux en France, gage d'avenir, il devrait être autorisé à y demeurer, le doute devant, en la circonstance, lui profiter".
Père disparu, mère assassinée
Arno Klarsfeld a indiqué avoir parlé à ses professeurs. "C'est un bon élève, dit-il, le deuxième de sa classe et la mobilisation des professeurs à son égard semble témoigner de sa bonne intégration".
Il fait valoir également le passé du jeune homme. Selon l'association France Terre d'asile, qui avait appuyé, à son arrivée en août 2004, sa demande d'asile politique, rejetée au début de l'année, le jeune Jeff n'a jamais connu son père et a perdu sa mère, "une femme aisée qui, dans la province d'Ogun, jouait le rôle de porte-parole entre la population et les autorités".
Selon Arno Klarsfeld, qui relaye l'information de France Terre d'asile, la mère de Jeff "a été assassinée, sa maison brûlée et les documents détruits", lors d'émeutes au Nigeria en 2003.
"Une amie de la mère de Jeff lui aurait alors fourni l'argent nécessaire pour acquérir un passeport avec lequel il est entré sur le territoire français" en août 2004.
Sources : Le Nouvel Observateur
Posté par Adriana Evangelizt