Sarkozy s'en prend au maire de Cachan

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Sarkozy s'en prend au maire de Cachan

par Hana Al-Hussaini

Nicolas Sarkozy a soulevé la colère des socialistes en accusant le maire PS de Cachan et des associations d'exploiter à des fins politiques la misère des familles réfugiées dans un gymnase



Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a dénoncé mardi à l'Assemblée les "mensonges" du député-maire PS de Cachan Jean-Yves Le Bouillonnec sur les conditions de l'expulsion du gymnase de sa ville, l'accusant de "bafouer" les décisions de justice. Le ministre répondait à une question de Le Bouillonnec qui reprochait au gouvernement d'avoir évacué les sans-papiers du campus universitaire de Cachan dans des conditions "ni contrôlées ni préparées par l'Etat", pour finalement créer "des conditions inacceptables" pour les intéressés.

"Ce que vous venez de dire est faux, intégralement faux", a lancé Sarkozy au député. "Je n'ai pas l'intention de laisser mettre en cause en tant que ministre de l'Intérieur le travail remarquable qu'a effectué la police de la République française" car "l'évacuation s'est faite sans brutalité conformément aux règles de notre République. [...] Je ne vous permet pas ces critiques injustes à l'endroit des fonctionnaires qui doivent être respectés parce qu'ils ont obéi à l'Etat", a ajouté le ministre.

Il a revendiqué deux décisions d'expulsion: "la première pour expulser du squat de Cachan, conformément aux décisions de la justice que vous bafouez par votre intervention", a-t-il lancé à l'adresse de Le Bouillonnec. "Une fois expulsés, et j'en avais parlé avec le Premier ministre, sous la pression de minorités d'associations, un campement de fortune a été installé sur le trottoir de façon à essayer de faire pression sur les autorités démocratiques de notre pays. J'ai donc demandé au préfet d'expulser ce campement de fortune qui ne correspondait en rien aux conditions d'hygiène que ces malheureux devaient recevoir", a-t-il poursuivi.



"Mensonges"


"Troisième mensonge: avec Jean-Louis Borloo, nous avons proposé une solution d'hébergement à la totalité des expulsés de Cachan et c'est vous qui avez conseillé, pour des raisons politiciennes, de refuser ces solutions d'hébergement". Sarkozy a dénoncé un "quatrième mensonge" du député, affirmant: "vous entendiez faire pression sur les autorités de la République pour que nous régularisions la totalité des clandestins: que les choses soient claires, j'assume pleinement ce refus. Ce n'est pas la même chose d'avoir des papiers dans la République française et de ne pas en avoir". "Ceux qui n'ont pas de papiers n'ont pas vocation à rester sur le sol national", a réaffirmé le ministre. Tandis que les députés PS manifestaient leur colère sur leurs bancs, Le Bouillonnec a demandé à pouvoir bénéficier en fin de séance d'un rappel au règlement pour "fait personnel".

Sur le fond, Nicolas Sarkozy a affirmé que le dialogue avec les représentants des 200 à 300 familles hébergées dans le gymnase avait repris "en ce moment même". Il a également réitéré son offre d'offrir une solution d'hébergement "à tous ceux qui sortiront du gymnase", une proposition refusée jusqu'à présent. "L'offre est raisonnable", a insisté le ministre de l'Intérieur.

France Terre d'Asile offre des logements

"Troisième mensonge: avec Jean-Louis Borloo, nous avons proposé une solution d'hébergement à la totalité des expulsés de Cachan et ". Sarkozy a dénoncé un "quatrième mensonge" du député, affirmant: "vous entendiez faire pression sur les autorités de la République pour que nous régularisions la totalité des clandestins: que les choses soient claires. Ce n'est pas la même chose ". a réaffirmé le ministre. Tandis que les députés PS manifestaient leur colère sur leurs bancs, Le Bouillonnec a demandé à pouvoir bénéficier en fin de séanceSur le fond, Nicolas Sarkozy a affirmé que le dialogue avec les représentants des 200 à 300 familles hébergées dans le gymnase avait repris "en ce moment même". Il a également réitéré son offre d'offrir une solution d'hébergement "à tous ceux qui sortiront du gymnase", une proposition refusée jusqu'à présent. "L'offre est raisonnable", a insisté le ministre de l'Intérieur.


L'hospitalisation lundi de deux des six anciens squatteurs de Cachan en grève de la faim depuis le 21 août a souligné l'urgence du problème, notamment sur le plan sanitaire.

France Terre d'Asile a offert mardi de mettre à la disposition des familles 36 places d'hébergement dans un centre de transit de Créteil et 20 places en hôtel "compte tenu de la gravité de la situation à Cachan". "Ces propositions doivent être comprises comme une aide humanitaire à la sortie de crise et non comme une volonté de briser la solidarité des mal-logés qui composent la majorité des personnes expulsées du squat de Cachan", écrit l'association dans un communiqué. Elle précise que le centre de transit de Créteil est normalement réservé à des demandeurs d'asile et qu'elle n'accepte de déroger à cette règle qu'en raison de l'insistance des pouvoirs publics et de la détresse des mal-logés.

Une réunion vendredi dernier entre des représentants des familles et une conseillère au cabinet du ministre de l'Intérieur, Rachida Dati, a permis de rétablir le contact, écrit mardi Libération. Dominique Sopo, de SOS-racisme, et Patrick Gaubert, président de la Licra, auraient joué les médiateurs officieux compte tenu de la stratégie de fermeté de Nicolas Sarkozy, ajoute le quotidien.

Le TGI incompétent

L'hospitalisation lundi de deux des six anciens squatteurs de Cachan en grève de la faim depuis le 21 août a souligné l'urgence du problème, notamment sur le plan sanitaire. France Terre d'Asile a offert mardi de mettre à la disposition des familles 36 places d'hébergement dans un centre de transit de Créteil et 20 places en hôtel "compte tenu de la gravité de la situation à Cachan". "Ces propositions doivent être comprises comme une aide humanitaire à la sortie de crise et non comme une volonté de briser la solidarité des mal-logés qui composent la majorité des personnes expulsées du squat de Cachan", écrit l'association dans un communiqué. Elle précise que le centre de transit de Créteil est normalement réservé à des demandeurs d'asile et qu'elle n'accepte de déroger à cette règle qu'en raison de l'insistance des pouvoirs publics et de la détresse des mal-logés. Une réunion vendredi dernier entre des représentants des familles et une conseillère au cabinet du ministre de l'Intérieur, Rachida Dati, a permis de rétablir le contact, écrit mardi Libération. Dominique Sopo, de SOS-racisme, et Patrick Gaubert, président de la Licra, auraient joué les médiateurs officieux compte tenu de la stratégie de fermeté de Nicolas Sarkozy, ajoute le quotidien.


Parrallélement, le juge des référés du tribunal de grande instance de Créteil s'est déclaréi incompétent dans le dossier opposant le maire (DVG) de Limeil-Brévannes au préfet du Val-de-Marne, qui ne lui avait pas laissé libre accès à des locaux réquisitionnés par arrêté pour y loger des expulsés de Cachan.

Dans sa décision, le juge estime que "pour être qualifié de voie de fait et justifier la compétence du juge judiciaire, l'acte commis par l'administration doit porter atteinte à une liberté fondamentale ou au droit de propriété". Le maire, Joseph Rossignol avait pris un arrêté de réquisition de locaux appartenant au ministère de la Défense, à Limeil-Brévannes, pour y loger provisoirement les expulsés du squat de Cachan hébergés dans un gymnase, mais, à la demande du préfet, les forces de police présentes sur place ne l'avaient pas laissé y pénétrer. Selon le juge, les "actes pris" par le préfet, pour s'opposer à la mise en oeuvre de l'arrêté municipal de réquisition, ne sont "pas susceptibles de recevoir la qualification de voie de fait et relèvent de la compétence exclusive de la juridiction administrative", autrement dit du tribunal administratif. En conséquence, le juge se déclare incompétent et condamne Rossignol à payer les frais de justice.

Sources : L'Express

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Publié dans IMMIGRATION

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