La droite jauge Royal, sa principale adversaire
Il faut déjà savoir une chose, les gens n'ont pas voté pour le programme du PS mais pour la personnalité de Royal, ce qu'elle dégage et il faut bien l'avouer, elle a un autre charisme que Sarkozy. D'après diverses analyses, elle est plus crédible que lui pour incarner le changement. Il faut bien savoir que de nombreux électeurs potentiels ne sont pas du tout politiques et qu'ils sont sensibles à ce que dégage un candidat. Les quatre points clefs de la victoire de Royal :
# C'est d'abord le choix d'une personnalité et non pas d'un programme.
# C'est ensuite le choix d'une personnalité qui repose sur un carré magique de valeurs : authenticité, harmonie, courage, respect. Ces 4 mots sont la clef actuelle des succès.
# C'est ensuite l'enracinement régional qui a flatté le réflexe provincial et permis de capitaliser le traditionnel anti-parisianisme.
# C'est enfin l'échec de ses compétiteurs masculins symbolisant la classe politique masculine classique usée, dévalorisée, rejetée. Qu'elle le veuille ou pas, il est certain que Ségolène Royal bénéficie de son statut de femme qui répond au besoin de nouveauté et de différenciation.
A notre avis, Sarkozy est le mauvais cheval, il est tout le contraire de Royal. Nous tenons aussi à préciser qu'elle a acquis une certaine légitimité en s'opposant à ses concurrents ouvertement. Elle a passé outre l'Unité qui a mené DDV à sa perte. Il serait bien de poser un autre regard sur les électeurs qui ne sont pas forcément sensibles à ce que croient certains candidats.
La droite jauge Ségolène Royal, sa principale adversaire
par Mathilde Gérard
L'UMP connaît désormais le nom de son adversaire principale dans la course à la présidentielle et pourrait accélérer sa mise en ordre de bataille. Valérie Pécresse, porte-parole du parti de Nicolas Sarkozy, l'exprimait dès vendredi matin : "Il est grand temps d'engager la procédure du choix de notre candidat", en tirant les leçons de l'investiture socialiste. "Toute division à droite est à présent mortifère", a de son côté mis en garde le sénateur UMP Roger Karoutchi, au lendemain d'un conseil national de l'UMP tendu, où les affrontements entre chiraquiens et sarkozystes sont de nouveau apparus au grand jour.
L'UMP a d'autant plus besoin d'entrer frontalement dans la campagne et de se montrer uni que Ségolène Royal est une rivale dangereuse pour Nicolas Sarkozy. Pour Patrick Jarreau, rédacteur en chef du Monde, Mme Royal et M. Sarkozy expriment tous deux la volonté de "rénover le rapport avec les citoyens et la manière de faire de la politique". Toutefois, analyse-t-il, "Ségolène Royal a pris une forte avance dans la façon de faire vivre la démocratie partisane. Le contrôle exercé par Nicolas Sarkozy sur son parti pourrait lui nuire auprès d'une grande partie de l'opinion". Comment va se positionner le parti majoritaire afin de se distinguer d'une candidate qui n'hésite pas à s'affranchir du traditionnel clivage gauche-droite ?
UN COMBAT DE "CHEFS"
Autre interrogation : comment la droite va-t-elle pouvoir contrer une femme sans se faire accuser de machisme ? Pour la politologue Mariette Sireau, du Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences-Po), "la façon dont la droite a attaqué Ségolène Royal sur son incompétence, sur ses soi-disant erreurs, montre l'extrême danger qu'elle représente pour son concurrent de droite et, probablement, de la part de Nicolas Sarkozy, une vraie difficulté à affronter une femme". La chercheuse rappelle que "l'élection présidentielle est traditionnellement un 'combat de chefs' avec toute la connotation guerrière qui va avec".
A l'UMP, qui a prévu de présenter 30 % de candidates aux législatives de juin 2007, contre 50 % pour le PS, on est conscient de la difficulté. "C'est une femme, elle en use et en abuse puisque [c'est] son principal slogan", reconnaît Patrick Devedjian. Le député UMP des Deux-Sèvres, Dominique Paillé, est de cet avis. Pour lui, l'UMP devra "démontrer la vacuité de la pensée et des propositions de Ségolène Royal, ses insuffisances face au job qu'elle prétend vouloir assumer, sans pour autant tomber dans le travers de la caricature et de l'agression".
ET SI DEUX FEMMES ÉTAIENT AU SECOND TOUR ?
L'UMP aurait-elle intérêt à investir une candidate pour faire face à Ségolène Royal ? "Michèle Alliot-Marie compte beaucoup sur l'effet Ségolène pour valoriser sa propre candidature éventuelle au sein de l'UMP", souligne Patrick Jarreau. Mais à la vue des sifflets qui ont accompagné la prestation de la ministre de la défense devant le conseil national de l'UMP jeudi 16 novembre, rien n'est moins sûr. La volonté de MAM de souligner qu'"unité ne signifie pas uniformité" a agacé le président du parti."La réaction de la salle (...) était sans ambiguïté. Peut-être que Michèle Alliot-Marie voulait mesurer sa popularité dans le parti. C'est un lancement de campagne réussi" , a ironisé Nicolas Sarkozy.
Sources Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt