Visite de Sarkozy en Corse après la mort d'un nationaliste
Visite vendredi de Sarkozy en Corse,
après la mort d'un nationaliste
La visite vendredi du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy en Corse intervient dans un climat alourdi marqué par six attentats dans l'île dont un mortel pour le poseur de bombe, les mouvements nationalistes clandestins ayant annoncé leur volonté de se faire entendre dans la campagne présidentielle.
Le parquet de Paris, compétent sur le plan national en matière de terrorisme, s'est saisi de l'enquête sur l'attentat commis mercredi soir à Solaro, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
Des perquisitions ont eu lieu jeudi dans "l'environnement" des deux hommes, selon cette même source. Un magistrat de la section antiterroriste du parquet de Paris est arrivé sur place dans la journée.
L'enquête de flagrance a été confiée à la sous-direction antiterroriste (SDAT) et à la police judiciaire d'Ajaccio, selon cette même source.
Ange-Marie Tiberi, patron pêcheur de 50 ans et membre du bureau du parti indépendantiste Corsica nazione indipendente de Jean-Guy Talamoni, a été tué mercredi soir dans l'explosion d'une charge explosive qu'il transportait sur la plage de Solaro et qui visait vraisemblablement une résidence secondaire, selon les premiers éléments de l'enquête. Celle-ci a été confiée par le parquet de Paris à la sous-direction antiterroriste. Un autre homme, qui accompagnait la victime, a été blessé.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, une série de cinq attentats visant des agences bancaires et la perception principale du trésor public à Ajaccio ont contribué à tendre un peu plus le contexte de la visite dans l'île du ministre, candidat à l'investiture de l'UMP pour la présidentielle.
Depuis plusieurs mois, dans leurs textes de revendication d'attentats, les deux composantes du FLNC, le FLNC-UC "Union des combattants" et le FLNC dit "du 22 octobre", exigent la prise en compte de la "question nationale Corse" par les candidats à la présidentielle.
Dans un communiqué authentifié du 13 septembre, le FLNC-UC affirmait que "la question nationale corse demeure plus que jamais à l'ordre du jour, elle est posée à tous les candidats à des futures échéances présidentielle françaises et se posera immanquablement au futur président français".
"Nous serons présents durant cette campagne présidentielle française", affirmait à son tour le 7 décembre, le FLNC-UC, appelant l'ensemble des formations nationalistes à la résistance et annonçant une radicalisation de la lutte armée.
En 2006, la préfecture de Corse a ainsi dénombré 232 attentats, dont 59 tentatives avortées, soit une augmentation sensible par rapport à 2005, marquée par 168 attentats et tentatives. "Ce qui semble correspondre à une mise en application du discours revendicatif des mouvements clandestins qui désirent peser sur les candidats à la présidentielle", commente une source policière proche de la préfecture.
En 2006 toujours, les mouvements clandestins ont aussi enregistré un nombre record de victimes dans leurs rangs, soit quatre morts lors d'actions clandestines.
Outre l'épisode de Solaro, trois hommes sont morts lors de tentatives d'attentats revendiquées par le FLNC dit du "22 octobre". Dans la nuit du 21 au 22 janvier, Alexandre Vincenti, 24 ans, a péri dans l'explosion prématurée de la bombe qu'il était en train de déposer sur le rebord d'une fenêtre du Trésor Public en plein centre d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Dans la nuit du 17 au 18 août 2006, Antoine Schinto, 44 ans, et son neveu, Stéphane Amati, 34 ans, sont morts lors d'une tentative d'attentat contre des hélicoptères bombardiers d'eau près de Corte (Haute-Corse).
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt