Le futur chef de l'Etat ne veut pas de successeur à la tête de l'UMP

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Le futur chef de l'Etat ne veut pas de successeur à la tête de l'UMP

par Christophe Jakubyszyn


A droite, il n'y a qu'un seul président. En rendant, lundi 14 mai, sa casquette de président de l'UMP pour coiffer celle de président de la République, mercredi 16 mai, Nicolas Sarkozy devait donc s'assurer que personne n'héritera du parti.

C'est l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui devrait se voir confier, dès lundi et la réunion du conseil national, la mission d'enterrer ce que le candidat Sarkozy avait construit pour lui-même : l'élection du président de l'UMP par les adhérents. "Un parti de conquête du pouvoir n'est pas un parti au pouvoir", justifiait déjà, jeudi 10 mai, M. Raffarin dans un entretien au Monde. "Une nouvelle élection au parti pourrait maintenant apparaître ambiguë", poursuivait l'ancien premier ministre, qui, en anticipant les désirs de Nicolas Sarkozy, espère bien jouer un rôle important dans la future organisation de l'UMP.

Rien n'est joué pour l'ancien premier ministre. Dans un premier temps, c'est le président délégué, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, qui, conformément au statut, assurera l'intérim jusqu'au prochain congrès, prévu à l'automne. A cette date, Nicolas Sarkozy imposera peut-être l'un de ses fidèles, Brice Hortefeux, actuel ministre délégué aux collectivités territoriales du gouvernement Villepin.

DÉBORDEMENTS

C'est donc sans garantie que Jean-Pierre Raffarin va travailler à son rapport. Sa marge de manoeuvre est réduite : "Soit une équipe dirigeante, soit un secrétaire général à la tête d'une direction collégiale", tranche-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. M. Raffarin souhaite quand même laisser au parti des statuts pour le long terme : "Quand le parti ne cherche pas de successeur au président, il doit s'organiser pour être une force d'accompagnement des réformes et préparer les batailles électorales intermédiaires ; quand il faut trouver un nouveau candidat à la présidentielle, on peut envisager une compétition interne, sanctionnée par le vote des adhérents", explique l'ancien premier ministre.

Mais les différentes sensibilités de l'UMP (centristes ralliés en 2002, chiraquiens, sociaux, libéraux) ont réclamé, dimanche 13 mai lors d'une réunion d'une quinzaine de responsables dans les bureaux provisoires de Nicolas Sarkozy, rue Saint-Dominique à Paris, que cette nouvelle organisation prenne en compte leur existence.

Surtout que l'émergence d'un groupe "majorité présidentielle" à l'Assemblée nationale risque de laisser croire que les "nuances" s'exprimeront désormais en dehors du groupe UMP. M. Sarkozy aurait simplement promis que ces sensibilités se retrouveraient dans la direction collégiale qui sera mise en place.

La bataille pour le parti et la réforme des statuts pourrait s'envenimer après la divulgation du nom des quinze ministres du gouvernement. Plusieurs poids lourds de la droite ont discrètement fait savoir que le parti deviendrait un enjeu d'autant plus important qu'ils auraient été oubliés dans la composition du gouvernement...

Pour éviter les débordements, Nicolas Sarkozy a déjà prévu que la désignation de la future équipe du parti procède d'un scrutin "censitaire" : elle serait désignée, à huis clos, par un bureau politique, avant d'être avalisée par un conseil national, une instance compte environ 2 000 membres élus ou de droit.

Les 330 000 adhérents de l'UMP, dont près de la moitié se sont encartés en 2005 et 2006 avec la promesse d'élire leur chef, peuvent ranger leur carte jusqu'en 2017, M. Sarkozy ayant promis de changer la Constitution pour limiter le cumul du nombre de mandats présidentiels à deux.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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