Quand Bernard Kouchner conseillait Total sur la Birmanie

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Au moment de la "pesée des Âmes", Kouchner va voir la balance pencher du très mauvais côté... et il sera forcément à la place d'un travailleur forcé en Birmanie ou ailleurs... dans une prochaine vie. Le rapport Kouchner pour Total en Birmanie.

Quand Bernard Kouchner conseillait Total sur la Birmanie

 

 

PARIS - Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a rédigé, en décembre 2003, un rapport sur la Birmanie pour le compte du groupe pétrolier Total, où il conteste que l'entreprise ait eu recours au travail forcé et lui donne des conseils de communication.

Ce rapport de 19 pages, qui peut encore être consulté sur le site de Total (birmanie.total.com), est fourni par BK Conseil (Bernard Kouchner Conseil) et défend l'installation du gazoduc de Total en Birmanie, contesté dès 1993 par plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme.

"On ne cherche jamais querelle dans le monde occidental aux associations qui travaillent en Birmanie", argumente Bernard Kouchner. "Pourquoi séparer, arbitrairement, l'essor de l'industrie de la nécessaire mise en place de structures sanitaires indispensables", poursuit-il, alors que le groupe a notamment installé des dispensaires de santé. "Les généraux ne maintiendront pas leur dictature éternellement et la démocratie aura besoin de développement économique et industriel".

Il aborde les accusations de recours au travail forcé, y compris d'enfants, qui ont pesé sur le groupe. Bernard Kouchner estime que des "confusions s'établirent" dans la région presque inaccessible du chantier, entre les travaux du gazoduc, ceux de la ligne de chemin de fer et ceux encore d'une route, qui n'étaient pas du ressort de Total. Mais, écrit-il plus loin, "la compagnie n'avait jamais utilisé la main d'oeuvre enfantine ni le travail forcé".

Après avoir analysé le programme d'aide socio-économique mis en place par Total, aux "résultats médicaux significatifs", M. Kouchner lui livre des conseils en communication.

Il faut, conseille-t-il à Total, "plus gros investisseur en Birmanie", "affirmer la préférence, au moins un penchant, de Total pour les régimes démocratiques".

Il faut "annoncer que l'accès du corridor du pipe(line, ndlr) est libre et que sans organiser les voyages, Total recevra tous les journalistes, touristes et activistes qui souhaitent se renseigner sur les activités du groupe dans la région".

"Le programme socio-économique est la meilleure publicité pour Total", poursuit-t-il, en recommandant la création d'un "bureau, un show-room" dans l'ancienne capitale Rangoun pour y présenter les activités du groupe. M. Kouchner y propose enfin la création de nouveaux dispensaires, d'une usine de fabrication de médicaments génériques et d'un Institut Pasteur-Total.

Il insiste à nouveau en guise de conclusion sur la nécessité pour Total de s'engager politiquement en souhaitant "clairement" la démocratie et en rendant visite plus souvent à la "Dame", c'est-à-dire à l'opposante Aung San Suu Kyi.

En mars 2006, la justice française a reconnu la réalité du travail forcé chez Total en Birmanie. La société pétrolière, visée par une information judiciaire ouverte pour "séquestration" car le travail forcé n'existe pas en droit français, a néanmoins bénéficié d'un non-lieu, la juge d'instruction chargée du dossier estimant que les "éléments constitutifs" de la séquestration n'étaient pas réunis.

Sources Romandie

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Bernard Kouchner

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