DDV dégringole

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Dans les sondages, le CPE grève la cote de Villepin

 

par Eric AESCHIMANN et Pierre-Henri ALLAIN


Son action mécontente 54% des Français, selon le baromètre Ifop-JDD.

Le temps se brouille pour Dominique de Villepin. Une motion de censure à l'Assemblée sur le CPE (contrat première embauche) ; un débat délicat au Sénat ; des manifestations qui durent même si elles peinent à s'amplifier ; et une opinion qui se détourne de lui. Après neuf mois d'une réussite incontestable, le Premier ministre affronte cette semaine sa première zone de turbulences.

Recul. Radieux à l'automne 2005, Dominique de Villepin encaisse un brusque retour de manivelle. Selon le baromètre Ifop-le Journal du dimanche (JDD), le pourcentage des Français ayant une opinion positive de l'action du Premier ministre a chuté de 9 points, passant à 43 % ; simultanément, le total des mécontents passe de 45 % à 54 % (1). Un chiffre qui confirme la dernière enquête LH2-Libération, qui voyait la popularité du chef du gouvernement fondre de 5 points (Libération du 6 février), ainsi que les résultats des baromètres Ipsos-le Point (-6 points) et Ifop-Paris Match (-6 points).

Dans l'enquête Ifop-JDD, le recul le plus net est chez les jeunes, où il atteint 15 points. Une conséquence du CPE, ce nouveau contrat pour l'emploi qui suscite l'hostilité d'une partie de la jeunesse. Une grande manifestation nationale est prévue le 7 mars et, pour prendre de court les organisations lycéennes et étudiantes, Dominique de Villepin a fait adopter son texte le 10 février par l'Assemblée en vertu de l'article 49-3 de la Constitution. Mardi, le Premier ministre devra répondre à la motion de censure déposée par le Parti socialiste à l'Assemblée ; deux jours plus tard, le Sénat commencera à examiner le projet de loi instaurant le CPE. Un exercice délicat, car l'UMP a besoin de la neutralité des sénateurs UDF pour obtenir la majorité.

Actions. Samedi, les représentants d'une trentaine d'universités françaises se sont retrouvés à Rennes pour former une coordination nationale anti-CPE. «Chaque fac va à son rythme, estime Annaïs Charrier, venue d'Angers. Mais le mouvement est dans une phase ascendante et nous invitons tous les gens touchés par la précarité à nous rejoindre.» Une vingtaine de lycéens bretons ont également participé à la réunion où, après dix heures de discussions à huis clos, les délégués se sont mis d'accord sur trois revendications principales : l'abrogation du CNE (contrat nouvelles embauches), le retrait du CPE et l'augmentation de postes au Capes. Trois mots d'ordre qui vont être défendus dans la rue les 23 et 28 février et le 7 mars. Un appel national au blocage des universités à partir du 23 février a aussi été décidé. Reste à franchir l'étape des vacances (une semaine à partir du 25 février pour Rennes-II). Une seconde réunion de la coordination est prévue samedi à Toulouse.

(1) Effectué par téléphone du 9 au 17 février auprès de 1 855 personnes.

Sources : LIBERATION

Posté par Adriana Evangelizt

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