LA POLICE SE DEMARQUE DE SON MINISTRE
Ne pas croire que tous les flics soient des "ripoux"... il y en a qui ont une conscience et qui savent très bien où se situent les dérapages. C'est tout à leur honneur, nous dirons simplement qu'ils ne sont pas assez nombreux à posséder cette mentalité. Et c'est bien dommage.
La police se démarque de son ministre
par Patricia TOURANCHEAU
L'Unsa dénonce notamment l'abandon de la police de proximité par Sarkozy.
L'attitude belliqueuse du ministre de l'Intérieur gêne les bataillons de CRS et de gardiens de la paix de l'Unsa-Police, qui a demandé hier à Nicolas Sarkozy de modérer ses propos : «C'est trop facile d'aller exciter les jeunes et après d'aller se coucher», a critiqué Francis Masanet, secrétaire général adjoint du syndicat de policiers. «Nous, nous sommes confrontés vingt-quatre heures sur vingt-quatre à cette situation. On ne peut pas dire aujourd'hui qu'on va nettoyer les cités au Kärcher. Ce n'est pas comme ça qu'on engage le dialogue.»
Pour Lucien Cozzoli, secrétaire national de l'Unsa-Police-Paris, «les propos tenus par Sarkozy sur le nettoyage et la racaille n'engagent que lui, certainement pas la police... Ces mots ne sont pas faits pour apaiser le monde. Il faut arrêter de monter en vrille les jeunes des quartiers. Il va falloir calmer le jeu. Car le risque majeur, c'est que les violences se propagent». Il défend ses «collègues en première ligne dans le 93, qui subissent les assauts sur le terrain». Et déplore que Sarkozy ait «supprimé la police de proximité qui, présente au quotidien dans les quartiers, permettait de désamorcer des conflits. On n'a plus ce rempart, et on tombe dans des dérapages extrêmes. On va ramer pour ramener l'ordre...».
Lucien Cozzoli vilipende les propositions extrémistes de l'ultra-minoritaire syndicat Action Police-CFTC, qui réclame l'intervention de l'armée et l'instauration d'un «couvre-feu de nuit pour faire face à la guerre civile» qui se déroulerait «dans de nombreux ghettos français».
Les syndicats Alliance et Synergie ont de leur côté dénoncé «toutes formes de récupération, d'où qu'elles viennent», visant «l'extrême droite» mais aussi «des islamistes qui essaient de récupérer le mouvement», selon Bruno Beschizza, leader de Synergie (42 % des officiers) : «C'est à la police et à la gendarmerie d'occuper ces quartiers, pas à l'armée, car ce n'est pas la guerre. Les habitants ne sont pas des ennemis.» Il reprend la terminologie de Nicolas Sarkozy : «Celui qui habite là est un pauvre, celui qui envoie un cocktail Molotov est un voyou. Le pas en avant pour ramener la paix, ça ne peut pas être que les flics quittent ces quartiers. Sinon, c'est la sécession.»
Sources : LIBERATION
Posté par Adriana Evangelizt