Le Pen défend sa position de l'alternative
Jean-Marie Le Pen a défendu dimanche, lors d'une fête régionale de son parti dans les Bouches-du-Rhône, sa position de candidat de "l'alternative", face à Nicolas Sarkozy ou François Bayrou qui se placent eux aussi sur ce créneau ou sur celui de la "rupture".
"Il y a 30 ans que M. Sarkozy est dans la vie politique", où il a "occupé quasiment tous les postes", a déclaré M. Le Pen devant environ un millier de sympathisants réunis pour une fête régionale des "Tricolores", aux portes de la Camargue.
"Et c'est lui qui ose venir nous dire +je suis le candidat de la rupture?", a demandé M. Le Pen.
Le président de l'UMP fait une "campagne à la Hollywood", a estimé M. Le Pen, qui a fait rire son public en imitant les stars fréquentées par le président de l'UMP, comme Johnny Hallyday ("Ah que Le Pen il a raison") ou Doc Gyneco ("je pense que Doc Gyneco va pouvoir lui apporter des choses sur la drogue", a-t-il dit avec la voix traînante du chanteur).
Devant la presse, M. Le Pen avait aussi évoqué un peu plus tôt la "lepénisation" de François Bayrou, qui se présente comme "l'alternative" pour briser "le monopole" de l'UMP et du PS.
Mais les centristes ont tout de même été "impliqués dans le gouvernement de ce pays", et "dans son déclin", a-t-il dit.
Dans son discours qui constitue sa rentrée politique, M. Le Pen est revenu longuement sur l'immigration, accusant les pouvoirs publics de "mentir effrontément" sur les arrivées d'étrangers en France.
La France accueille "500.000 nouveaux immigrés par an", venus du monde entier et attirés par le système d'assistance "le plus généreux du monde", a-t-il dit.
"Mais n'en voulez pas aux immigrés, cette responsabilité n'est pas la leur, elle est celle" des partis "de droite et de gauche qui ont le pouvoir depuis 30 ans", a déclaré M. Le Pen sous les applaudissements.
M. Le Pen a aussi lancé un appel aux agriculteurs, promettant de lancer prochainement une "marche verte" à travers le pays, s'achevant à Paris en fin de campagne présidentielle.
"Je ne laisserai pas Bruxelles vous conduire à l'abattoir", a déclaré M. Le Pen, qui d'une manière plus générale a dénoncé l'Europe "grosse méduse molle incapable d'assurer les tâches qui lui sont confiées".
Si le FN a toujours fait d'excellents résultats électoraux en Provence Alpes Côte d'Azur, ses structures locales ont été durement touchées par la scission de 1998, et ébranlées par le départ chez les villieristes de Jacques Bompard, le maire d'Orange.
Devant les militants, M. Le Pen s'est en tout cas gardé d'évoquer sa stratégie "d'Union patriotique", qui pourrait avoir comme corrolaire un rapprochement avec le MNR de Bruno Mégret.
Le sujet avait été au centre des conversations de couloirs de l'université d'été des élus en Avignon vendredi et samedi.
M. Le Pen, qui reconnaît lui-même que la perspective d'un rapprochement avec l'ancien "félon" était pour l'instant mal accueillie par les cadres du FN, avait tenté de calmer les spéculations, en assurant qu'il n'y avait "aucune démarche bilatérale dont M. Mégret serait le partenaire".
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt