De retour de Bombay une Française raconte: "ils ont tiré sur tout ce qui bouge"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

 

De retour de Bombay une Française raconte: "ils ont tiré sur tout ce qui bouge"

 

 

Encore sous le choc, les premiers Français de retour de Bombay vendredi matin à l'aéroport de Roissy ont raconté à l'AFP les "fusillades", "explosions", "scènes de guerre et de panique" dans la capitale économique indienne frappée mercredi par des attentats.

Johana, 24 ans, dînait au Leopold, un grand café du quartier touristique de Colaba où se trouvent aussi les hôtels ciblés par les terroristes, quand les attaques ont commencé. "On était en train de manger quand notre attention a été attirée par plusieurs jeunes qui sont arrivés avec d'énormes sacs à dos sur les épaules", explique la touriste française.

"Ils ont pris des armes dans leurs sacs, ont lancé trois grenades et ont tiré sur tout ce qui bouge avec leurs fusils mitrailleurs. Il y a eu tout de suite des morts", témoigne-t-elle encore choquée précisant que les tireurs "avaient le visage découvert" et "paraissaient indiens" et "particulièrement jeunes".

"Des gens sont sortis en courant, d'autres, comme nous, se sont cachés sous les tables. Ceux qui sont allés se réfugier dans les cuisines y sont passés", explique Johana, la voix tremblante.

Après "dix minutes sous le feu", la jeune femme sort, avec son cousin, cherche un taxi, "mais il y avait trop de monde partout". Elle entend alors plusieurs explosions qui viennent, selon elle, du Taj Mahal, le palace attaqué à quelques centaines de mètres du Léopold café.

Descendu au Taj Mahal, Gilles Andrier, PDG de Givaudan, un groupe suisse spécialisé dans la parfumerie, dînait dans le restaurant du Trident-Oberoi, l'autre hôtel de luxe visé, avec une quinzaine d'analystes financiers.

"Heureusement, nous étions dans une zone de l'hôtel que les terroristes n'ont pas investie. On s'est demandé quelle était la bonne tactique, s'il fallait rester dans l'hôtel ou sortir. Finalement, on a réussi à s'échapper avant que les terroristes ne prennent le contrôle de l'hôtel", explique-t-il.

"Il y avait des mouvements de panique dans la rue. Comme le Taj Mahal était aussi attaqué, nous nous sommes réfugiés dans des bureaux où l'on a passé la nuit. D'autre personnes sont allées se cacher dans des parkings", raconte ce jeune dirigeant qui a dû abandonner toutes ses affaires au Taj Mahal.

Michèle Joulo et Pascal Brac, un couple de touristes se trouvait dans le même quartier, à Colaba. "On était au restaurant quand on a entendu des fusillades. Des soldats de l'armée sont arrivés très vite et nous ont dit de patienter. A ce moment là, on ne savait pas que c'était une attaque terroriste", affirme Michèle.

"On est rentrés à notre hôtel à pas de loup en s'arrêtant à chaque coin de rue. Nous étions à 300 mètres du Taj. On l'a vu brûler. Ca explosait de partout. On s'est réfugié dans notre hôtel avec les autres clients derrière un rideau de fer. On regardait la télévision pour essayer de comprendre", poursuit-elle. Avec son compagnon, elle avait prévu de passer la nuit au Taj Mahal: "on y a renoncé au dernier moment, c'est incroyable".

Au moins 130 personnes ont été tuées depuis mercredi et environ 300 blessées dans les attaques et les échanges de tirs qui ont suivi les raids terroristes revendiqués au nom d'un groupe islamiste inconnu jusque là disant se battre pour la défense des musulmans d'Inde.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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