L'Arménie et le troisième mandat

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Dans son éditorial du 4 octobre, le quotidien algérien L’Expression relève à juste titre le décalage indécent entre la plaidoierie de Chirac en faveur de la reconnaissance par la Turquie du génocide arménien et l’attidude de la France qui n’a toujours pas demandé pardon pour ses crimes en Algérie, mais au contraire fait voter des lois sur les "bienfaits de la colonisation française".

QUAND CHIRAC DEMANDE À LA TURQUIE DE FAIRE CE QUE LA FRANCE SE REFUSE À ACCOMPLIR CONCERNANT L’ALGÉRIE



L’Arménie et le 3ème mandat

par Zouhir MEBARKI



« Un pays, une nation, se grandit toujours de reconnaître les erreurs qu’elle a pu commettre ». La phrase est de Jacques Chirac, chef de l’Etat français, lors d’une conférence de presse qui vient d’être tenue conjointement avec le président de la République d’Arménie.

Une visite en Arménie où le président français a tenu à rappeler que l’entrée de la Turquie à l’Union européenne est conditionnée par sa reconnaissance du génocide arménien comme l’a fait « l’Allemagne en reconnaissant profondément la Shoah » et qui « n’a pas pour autant perdu son crédit ».

De telles vérités prononcées par le premier des Français sonnent de ce côté-ci de la Méditerranée, plus précisément en Algérie, comme une nouvelle agression envers tous les peuples qui ont, par le passé, subi l’envahissement de la France. Les mots que vient d’avoir la France pour les Arméniens se veulent être ceux du Pays des droits de l’Homme. Ici en Algérie, la perception est tout autre pour avoir subi les affres de l’invasion qui tendait vers l’extermination qui ne disait pas son nom. Comme l’expédition qui cachait la conquête. Comme le dépeçage d’un pays en départements.

Qu’aujourd’hui le chef de cette France s’émeuve du martyre vécu par un autre peuple au moment même où se préparaient les fêtes du Centenaire de la colonisation française en Algérie, est d’un aplomb qui laisse perplexe. Chirac demande à la Turquie un geste en direction des Arméniens que la France refuse aux Algériens. Comment peut-on qualifier 130 années d’assassinats, d’enfumades, de famines organisées ? Quelles circonstances atténuantes peut bien trouver Jacques Chirac à ces chefs du corps expéditionnaire français quand il lit leurs « exploits » ? Que pense-t-il de Cavaignac, de Pélissier, de Saint-Arnaud, de Deval, de tous ces bouchers qui ont apporté « la civilisation » en Algérie ?

Allez si loin prêcher la bonne parole, alors que devant sa porte, le ménage reste à faire, ceci est bien français. Rien cependant n’est fortuit. Tout est rapport de force et calcul politicien. Les « larmes » versées aujourd’hui sur l’histoire des Arméniens sont les mêmes que celles versées hier sur les Juifs sous Vichy.

Et c’est dans un même sens des intérêts français que la repentance est refusée aux Algériens même au prix de tous les traités d’amitié du monde.

Pour mieux comprendre les ressorts qui « décident » ce qui doit être génocide de ce qui ne l’est pas, il faut remarquer que ceux-ci se tendent particulièrement à l’approche d’élections. De là à dire que Chirac veut rempiler pour un 3e mandat...

Zouhir MEBARKI

Le 4/10/06 - http://www.lexpressiondz.com

Sources :
CAPJPO-EuroPalestine

Posté par Adriana Evangelizt



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Publié dans EUROPE-TURQUIE

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V
En gros on en arrive à ma position. Il faut condamner et faire pression pour la reconnaissance du génocide arménien mais sans se mettre les turcs à dos en votant une loi qui ne change rien ...
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R
Balayer devant sa porte est une remarque d'une pertinence indéniable toutefois dans le climat actuel il me paraît peu reponsable de faire des parallèles aussi tranchés. Criminaliser et assomer de reproches la population française fait le lit des extrêmes (l'angélisme de Jospin a conduit Le Pen au second tour) ou des populistes plébeiens comme Sarkonnard. Je ne pense pas non plus qu'il faille accabler Chirac, qui n'est pourtant pas un président qui au départ bénéficiait de mon estime. Celui ci semble vouloir terminer son mandat (mal commencé on est d'accord) en laissant l'image d'un homme qui a oeuvré pour les valeurs humanistes, c'est à dire a agit en tant que vrai président de la France. Le but de ses manoeuvres est rapprocher du bloc européen les pays locaux (Turquie, Arménie, Géorgie) afin de les sortir des l'influences locales (Russes, barbus tarés).<br /> Dans un domaine plus personnel j'ajouterai que l'auteur de l'article ne porte pas un patronyme Turc ou Arménien. J'ajouterai aussi que je dezscends de colons d'Afrique du Nord. Mon ancêtre, qui en son temps fut consul, a aussi été le premier médecin à Bizerte, et que je sache, il était plus préoccupé par la santé des populations locales que par une quelconque envie de violer des femmes ou de tuer des enfants.<br /> Ceci étant, Villepin président.
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B
D'accord avec toi Dav. On ferait mieux de balayer devant notre porte avant de s'occuper de celle des autres.
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D
A Vincent<br />  <br /> On ne dit pas que la Turquie doit être exonéré de son génocide, on dit que la France n'a pas à s'en mêler. Ni à faire voter de loi. Maintenant on ne peut plus rien dire sans se faire taxer de négationistes, c'est ça la Liberté. Il y en a certains sur notre sol qui voient du négationisme et du révisionnisme partout. S'il te plaît, un peu de décence.
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V
Que signifie cette série d'articles négationistes ?<br /> Qu'on dise qu'il n'est pas très malin de voté un loi dans ce sens c'est une chose mais qu'on prenne de falacieux arguments pour dire que comme la France a des problèmes à reconnaitre son histoire alors la Turquie est exonéré de son génocide c'est scandaleux ! tout simplement
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